Animaux de Divertissement / Animals in Entertainment 

LES CIRQUES AVEC ANIMAUX: L'ENVERS DU DÉCOR

 CIRCUSES WITH ANIMALS: BEHIND THE SCENES (English version)

 

Quel indigne et grotesque spectacle que celui de la mise en scène d’animaux sauvages sous les chapiteaux des cirques. Quiconque sait ce qu’endurent ces animaux dans le but de leur faire faire des numéros d’adresse, n’ira jamais dépenser la moindre somme d’argent pour assister à de telles mascarades qui ne peuvent en mettre plein la vue qu’à ceux qui ignorent encore ce que cachent tous ces oripeaux d’un autre temps..

 

UN PEU D’HISTOIRE



Qui n’a jamais entendu parler des jeux du cirque sous l’empire romain?... Ainsi le terme « cirque » dérive du latin circus qui signifie « circulaire » par allusion à la forme de l’enceinte où se déroulaient les jeux publics de la Rome antique. Ces jeux, ainsi que les montreurs d’ours et les ménageries privées furent à l’origine du cirque moderne apparu en 1768 lorsque Philippe Astley, de la cavalerie britannique, eut l’idée de créer une piste ronde à Londres pour le dressage des chevaux de voltige. Cet espace ouvert, ne permettant aucun trucage, fut adopté par les funambules, équilibristes et jongleurs qui produiront leurs numéros les uns à la suite des autres sans autre but que celui d’attirer un public avide de distractions, de sensations fortes, mais aussi de merveilleux et d’enchantement. Plus tard, vers 1820, furent introduits les chapiteaux, ce qui favorisa la mobilité des cirques. Tous les cirques ne se produisent toutefois pas sous chapiteau. Une dizaine d’années plus tard vint l’ère coloniale, période pendant laquelle on commença à importer en grand nombre des animaux sauvages d’Afrique et d’Asie. Les cirques les exhibèrent d’abord dans des cages roulantes placées autour de leurs chapiteaux. Le public qui venait d’abord observer ces animaux exotiques, assister aux repas des fauves ou à l’entrée des dompteurs dans les cages, vint ensuite - consécutivement à l’invention de la cage démontable - sous le chapiteau assister au dressage des fauves au centre de la piste. Durant cette période honteuse de l’histoire occidentale - mais est-elle vraiment derrière nous? - on exhiba et collectionna aussi des humains « exotiques » (indigènes) ou « monstrueux » (nains, géants, obèses, individus difformes) dans un but soi-disant éducatif… Le cirque traditionnel commença à perdre de sa popularité après la seconde guerre mondiale. Entre 1970 et 1980, de grandes enseignes disparurent et les faillites se succédèrent. Parallèlement, une nouvelle forme de cirque émergea au cours des années 1980, une forme de beaucoup plus recherchée sur les plans de la créativité et de l’esthétisme, et qui – il n’est pas trop tôt! – tourne le dos à l’utilisation des animaux tant sauvages que domestiques. L’ancienne forme perdure mais poursuit heureusement son déclin grâce notamment aux protestations d’un public plus civilisé et averti. 



PROVENANCE DES ANIMAUX

 

Les ménageries des cirques et des zoos se sont constituées d’abord en pillant la nature des pays sous domination coloniale. Aujourd’hui, malgré qu’il soit plus complexe d’importer des animaux grâce à la CITES (1), nombre de cirques ne peuvent présenter les documents attestant l’origine des animaux qu’ils détiennent. Ce qui laisse entrevoir que les animaux exotiques d’origines illégales sont encore très nombreux. En fait, la plupart des éléphants par exemple, seraient capturés dans leur habitat naturel. Rappelons à cet effet que les éléphants, de même que les tigres et les primates sont des espèces menacées d’extinction. Une partie des animaux dans les cirques provient néanmoins des naissances en captivité dans les cirques mêmes, mais plus souvent des zoos.



CONDITIONS DE VIE MISÉRABLES

 

L’existence des animaux, comme la nôtre, comporte un éventail de besoins dont la satisfaction est source de plaisir, et la frustration, source de douleur. Les conditions de vie des animaux sauvages détenus dans les cirques sont absolument incompatibles avec leurs besoins physiologiques et éthologiques, et totalement irrespectueuses de leur dignité.

Lorsqu’ils ne sont pas en train d’être dressés, traumatisés, cassés ou brisés, à force de privations de nourriture, d’eau ou de repos, à force de menaces et de mises à exécution des menaces (crochets, bâtons électriques, fouets, et autres « outils » d’asservissement), ou lorsqu’ils ne sont pas en spectacle, adoptant des postures contre-nature, souvent douloureuses (éléphants se tenant sur la tête), effectuant des acrobaties pénibles, voire dangereuses (ours sur bicyclette, tigres bondissant à travers des cerceaux enflammés) ou des pitreries vulgaires (singes affublés de déguisements), les animaux sont soit confinés dans des installations exiguës souvent peu ou mal entretenues, soit entravés ou enchaînés. De plus, ils ne mangent ni ne boivent en fonction de leurs besoins réels, mais en fonction des impératifs économiques, de dressage, de transport ou de spectacle. Ainsi, on n’abreuve pas adéquatement les éléphants afin d’éviter qu’ils n’urinent en pleine représentation…



Source PETA

Ce n’est pas tout puisqu’à toutes ces misères s’ajoute celle des transports répétés à longueur d’année, fréquemment sur de longues distances, dans des véhicules inadaptés, non climatisés, occasionnant inconfort, stress et blessures. Comment une girafe peut-elle être déplacée selon vous? En la forçant à voyager le cou courbé… Seriez-vous capable pendant des heures d’être debout dans un véhicule motorisé sans possibilité de vous tenir, des chaînes aux pieds, sans pouvoir assouvir votre faim, votre soif, obligés d’uriner et de déféquer sur place? C’est pourtant notamment cela le lot des éléphants sous le joug du show business. Leur lot est aussi pour bon nombre d’entre eux de passer la majeure partie de leur vie attachés. Une étude relative aux cirques itinérants a observé un éléphant qui passait 96% avec des chaînes. Les tigres et les lions pour leur part, vivent et voyagent dans des cages de 4 pieds de haut par 7 pieds de long et 7 pieds de large; on les place en outre par deux dans ces cages… Les grands félins, les ours et les primates sont obligés de manger, boire, dormir, déféquer et uriner dans ces étroites cages.



Source PETA 

La maltraitance est systématique dans les cirques et atteint parfois des sommets comme cette histoire d’un chameau mort de soif dans un cirque en France durant l’été 2003... La canicule sévissant à cette période ne peut expliquer la mort d’un animal supportant les températures extrêmes du désert. En fait, selon des témoins, les animaux du cirque franco-belge Muller n’étaient pas abreuvés, ce sont certaines personnes choquées par cette situation qui leur apportaient un peu d’eau pour les soulager…

Éléphant mort d’un coup de chaleur, la température de la remorque s’étant élevée au-delà de 120 degrés Farenheit  (Source PETA)

 

Les impératifs biologiques des espèces sauvages, les besoins et intérêts des individus des espèces exploitées dans les cirques ne sont donc pas pris en considération ou ne pèsent qu’au minimum dans la balance des circassiens. Les soins vétérinaires qualifiés sont en outre souvent déficients. Les animaux exploités dans les cirques sont traités comme des esclaves, de simples moyens dont leurs maîtres tirent bénéfice. Voilà la vérité nue et accablante.

Le tableau d’ensemble est loin d’être rose même si sous les projecteurs ceux qui tirent profit d’un tel mépris de la vie animale veulent faire croire aux gens de bonne foi que les animaux sous leur emprise sont heureux.

 

«THE BIG LIE BEHIND THE BIG TOP»

 

 

« Tirer de temps à autre un petit bout de sucre de votre poche, l’offrir à grignoter : votre élève donne une excellente impression au public. Il se persuade que le sujet prend plaisir à exécuter un numéro, qu’il est câliné et dorloté par un maître du soir au matin, et qu’il aime ce maître, à en mourir. Ce sont là des trucs nécessaires pour dissimuler les cruautés du métier. Si on se doutait de celles-ci, tous nos numéros seraient interdits » Harry Collins, dresseur.


 

Il y a ce type d’illusion qui est entretenu. Il y en a d’autres. Ainsi, on inverse aussi les rôles : l’agresseur (le dompteur) devient l’agressé et le captif (l’animal sauvage) le dominant qu’il faut maîtriser. Ainsi on tente d’épater le public, de prouver sa force, son courage, son « magnétisme »…

Les animaux « exotiques » ont servi et servent encore d’appât pour attirer le public. On ne se contente pas de les exhiber comme dans les premiers temps de la colonisation, on les instrumentalise afin d’amuser ou émerveiller le public à travers des comportements contre-nature qu’on leur impose par la violence physique ou psychologique. Certains animaux sont muselés ou ont les dents arrachées, d’autres sont drogués pour les rendre plus malléables, pour mieux les contraindre, pour réussir à leur imposer un exercice, une posture, voire une cohabitation (prédateur-proie) contraires à leur nature. Tous les moyens sont bons pour obtenir leur soumission totale et permanente, type de soumission obtenue d’abord et avant tout par la peur, voire la terreur. Il arrive assez régulièrement que les animaux résistent, ce qui est tout à fait sain de leur part. Toutefois ces animaux récalcitrants s’exposent alors à des répressions plus brutales, à des corrections plus rudes, à la mise au rancart, voire à la mort. On essaie ainsi de leur faire comprendre qu’ils n’ont plus la moindre chance d’échapper à leur horrible destin. Certains finissent quand même par exploser, par se révolter : les évasions et agressions des animaux martyrisés sous les chapiteaux témoignent qu’il est faux de penser qu’il est sécuritaire de fréquenter les cirques ou que les animaux sous leur « tutelle » sont sous parfait contrôle. Ces actions parfois terriblement sensationnelles témoignent surtout que les cirques ne devraient plus détenir des animaux qui devraient être libres.

Le fait de ne pas être libres de mener l’existence qui est la leur, génère des troubles comportementaux chez ces animaux, tels les stéréotypies (mouvements répétitifs). Ces indicateurs de mal-être profond sont répandus chez bon nombre d’animaux captifs des cirques. La frustration des besoins fondamentaux de ces animaux est telle et les méthodes de dressage si brutales, qu’il s’ensuit dépression, soumission et passivité. Même en faisant abstraction de la brutalité inhérente au dressage, la détention des animaux dans les cirques est source de grande souffrance pour eux. Prenons seulement l’exemple des éléphants. Leur habitat naturel consiste en de vastes territoires (des centaines de kilomètres) de savanes et de forêts en Afrique ou en Asie. Dans les cirques, ils sont dans la quasi-impossibilité de se déplacer, puisqu’ils sont presque toujours attachés. Dans leur environnement naturel, ils dorment entre 2 et 5 heures, debout ou couchés sur le côté. Généralement, les attaches croisées ou trop courtes qui les emprisonnent dans les cirques les empêchent de se coucher. Il leur est en outre impossible de procéder à leur toilette alors que normalement ils peuvent se baigner 2 heures par jour en moyenne, prendre des bains de boue, se frotter contre les arbres et se coucher dans la poussière. En liberté, ils passent environ 16 heures à rechercher leur nourriture et à manger, alors que dans les cirques ils ne sont alimentés que le matin et le soir uniquement. Dans leur habitat naturel, ils s’abreuvent fréquemment alors que les circassiens ne leur laissent à peu près jamais d'eau en permanence afin d’éviter les « dégâts d’eau » sur la piste. Les éléphants nés en captivité sont retirés trop tôt – vers l’âge de trois ans, parfois de un an seulement – de la protection et la supervision de leurs mères, attachés avec des cordes qui blessent souvent leurs pattes, et placés à l’écart, isolés, jusqu’à ce qu’ils apprennent à craindre leurs dresseurs. Les choses se passeraient évidemment tout autrement si ces éléphanteaux étaient nés libres. Ils auraient pu passer jusqu’à 15 ans sous la tutelle de leurs mères.

En Belgique, l’association GAIA a produit récemment un rapport mettant en évidence que les conditions de vie des animaux sauvages dans les cirques ne rencontrent même pas les conditions minimales de bien-être animal imposées aux zoos belges…

 

LES RETRAITES

 

Comment dispose-t-on des animaux qui ne performent plus? Quel type de retraite leur offre-t-on? Là encore - ce n’est que suite logique - leur sort n’a généralement rien d’enviable. Beaucoup sont euthanasiés, notamment les fauves. Plusieurs sont relégués dans ce que l’on appelle les quartiers d’hiver des cirques (souvent enchaînés ou encagés jusqu’à leur mort), certains sont vendus à d’autres cirques, à des ménageries privées ou à des zoos, voire à des laboratoires de recherche ou à des (2) « game farms » ...

 

PROBLÈMES DE SÉCURITÉ ET DE SANTÉ PUBLIQUES

 

La présence d’animaux dans les cirques présente un danger réel, tant pour le personnel qui y travaille que pour le public. N’est-il pas naturel qu’à un moment donné ou à un autre, un animal captif, battu, maltraité, bref qui souffre, cherche à se soustraire à cette souffrance soit en s’évadant – ce qui comporte des risques pour ceux qui croisent le chemin de l’animal en fuite – soit en attaquant ceux qui entravent sa liberté, qui le maltraitent, le brutalisent et l’humilient, notamment les dompteurs? Les rébellions d’animaux captifs peuvent occasionner au personnel des cirques ou au public des blessures bénignes ou plus graves, mais aussi la mort. Les animaux rebelles sont souvent abattus même si leur seule faute consiste à défendre ce qui leur reste de dignité.


Voici quelques chiffres à propos d’incidents survenus de 1990 à 2003 dans le monde, et impliquant des animaux captifs (Source : PETA) :

OURS : 26 ours ont été tués; 14 morts humaines (8 enfants) et plus de 40 humains blessés
GRANDS FÉLINS : 87 grands félins ont été tués; 53 morts humaines et plus 180 humains blessés.
ÉLÉPHANTS : 65 morts humaines et plus de 130 humains blessés.
PRIMATES : 450 primates ont été tués; 2 morts humaines et plus de 130 humains blessés

 

Tyke, une femelle éléphant en fuite et en détresse qui fut tirée 87 fois avant de s’effondrer... Elle se vengea de son dresseur en le tuant (elle le piétina) en pleine représentation, blessa grièvement deux autres dresseurs qui voulurent l’arrêter ainsi que douze spectateurs qui se trouvaient sur son parcours avant de s’échapper hors du chapiteau, en pleine rue à Honolulu. Ceci se passa en août 1994. On trouva des traces de cocaïne et d’alcool dans le sang de son dresseur, Allen Campbell, réputé pour sa brutalité envers les éléphants.

 

Par ailleurs, un autre type de danger menace le personnel des cirques et le public en général. En effet, depuis 1996, au moins 18 cas de tuberculose ont été diagnostiqués chez les éléphants dans les cirques aux États-Unis, et il faut savoir que Mycobacterium tuberculosis ou le bacille de Koch – le nom de cette souche de tuberculose – est transmissible des éléphants aux humains, et inversement. Il est difficile d’évaluer avec exactitude la situation globale prévalant chez les éléphants captifs puisque les tests de dépistage ne sont pas suffisamment fiables (les éléphants « porteurs » – dont le bacille est en état de latence dans leurs organismes – ne pouvant être diagnostiqués). En outre, certains cirques falsifient ces tests ou tentent de ne pas s’y soumettre. Plusieurs cas de cette souche ont notamment été détectés dans le troupeau de la compagnie Hawthorne, une entreprise qui loue et vend ses éléphants un peu partout en Amérique. Hawthorne Corporation est réputée pour son manquement aux règles les plus minimales du bien-être animal. La tuberculose a également été diagnostiquée chez plusieurs employés de cirque, particulièrement chez ceux en contact plus étroit avec les éléphants. Il n’y a évidemment pas que les employés de cirque à risque, mais aussi le public. Pour gonfler leurs recettes, certains cirques font faire des tours sur le dos de leurs éléphants, permettent aux gens de s’en approcher, voire de les nourrir. Les enfants plus vulnérables aux infections à cause de la faiblesse de leur système immunitaire, peuvent contracter, s’ils sont infectés, la méningite tuberculeuse.

 

PROMOTION DES CIRQUES SANS ANIMAUX

 

Il est plus que temps à l’aube du troisième millénaire que l’exploitation des animaux dans les spectacles itinérants prenne fin. Depuis environ les années 1980, plusieurs cirques d’un tout nouveau style, tel le renommé Cirque du Soleil, ont fait leur apparition et ne misent que sur les performances humaines. En outre, des cirques préexistants se sont réformés et ont évolué en délaissant l’utilisation des animaux.

Cette évolution des cirques semble aller de pair avec l’augmentation croissante des villes et pays qui ont limité ou banni l’utilisation des animaux dans les cirques. 

 

INTERDICTION DES CIRQUES AVEC ANIMAUX

 

Interdire l’utilisation des animaux dans les cirques, c’est combattre non seulement la cruauté inhérente au type d’existence imposé à ces animaux, c’est du même coup refuser que leur esclavage se perpétue sous le fallacieux prétexte que les humains seraient supérieurs, qu’ils auraient ainsi le « droit » de les asservir au gré d’une volonté dominatrice exécrable. C’est également combattre les problèmes de santé et de sécurité publiques connexes à une telle déviation de la part de l’humanité. Les animaux sont innocents et bien des humains sont encore manipulés à croire qu’il est juste d’emprisonner les animaux et de les « dresser » pour les divertir.

Plusieurs pays ont interdit la présence d’animaux sauvages dans les cirques :

Autriche
Brésil
Costa Rica
Danemark
Finlande
Inde
Israël
Norvège
Singapour
Suède
Suisse

Un grand nombre de villes ont également légiféré pour interdire la présence d’animaux sauvages dans les cirques. Pour notre pays le Canada, voici ces municipalités :

Québec:
Ville Saint-Laurent
Ville de Mont-Royal

Colombie-Britannique:
Burnaby
Chilliwack
Coquitlam (ville)
Cowichan
Delta (municipalité)
Kamloops
Kelowna
Langley
Maple Ridge
Nanaimo (ville)
Nanaimo (district régional)
New Westminster
North Cowichan
North Vancouver
Parksville
Saanich
Salmon Arm
Surrey (ville)
Vancouver (ville)
Victoria

Terre-Neuve:
St-John’s

Nouvelle-Écosse:
Argyle
Bridgewater
Digby
Shelburne
Yarmouth

Aux États-Unis, 16 juridictions municipales ont banni les cirques avec animaux sauvages. Plusieurs autres ont interdit certains numéros comme les tours d’éléphants ou les combats d’ours. Pour plus de détails, voir :

Legislation prohibiting or Restricting Animal Acts


En Grande-Bretagne, c’est plus de 220 municipalités ou comtés qui ont interdit sur leur territoire de tels spectacles. L’interdiction touche dans certains cas non seulement les animaux sauvages, mais toutes les espèces d’animaux.

En Australie de l’ouest, 14 juridictions municipales ont banni les cirques avec animaux sauvages. En Australie du sud, la ville de Tea Tree Gully a emboîté le pas. Enfin, cette interdiction s’étend à tout le territoire de la capitale de l’Australie, Canberra.

 

LÉGISLATIONS DÉFICIENTES

 
Aucun pays n’est actuellement doté de lois justes à l’égard de nos égaux de fait, les animaux. Quelques-uns manifestent une certaine hardiesse législative, telle l’Allemagne, mais cela demeure tout à fait insuffisant dans une optique d’abolition des pratiques discriminatoires et dominatrices à l’endroit des animaux. Il serait bon de nous rappeler que nous sommes aussi des animaux et que se montrer solidaires d’eux, c’est reconnaître cette commune identité. Les variations entre les espèces animales ainsi qu’entre les individus qui les constituent devraient être perçues comme une richesse, un mystère, comme l’expression diverse, voire infinie du phénomène de la vie. Elles sont tragiquement perçues comme des motifs de dépréciation des différences, de justification d’actes violents et destructeurs. L’humanité doit de toute urgence prendre conscience de ses manières erronées de se concevoir et de concevoir tout ce avec qui ou quoi elle est en relation, il y va de la vie en général et de sa survie. Dans l’immédiat, soyons toutefois pragmatiques. Pour les animaux martyrisés dans les cirques, on peut agir. Pour cela, il faut connaître la législation en cours dans le pays que nous habitons.



En ce qui concerne le Canada, le Réseau action globale (Global Action Network) est en mesure de fournir l’information et l’aide nécessaire à quiconque veut agir pour faire disparaître l’exploitation des animaux dans les cirques.


Pour la France, One Voice constitue la meilleure référence en la matière.

En Belgique, se référer à GAIA qui mène une campagne exemplaire malgré des revirements de situations qui en disent long…

Pour les États-Unis, l’incontournable PETA s’avère un guide de premier choix.

PETA offre de plus la possibilité de visionner plusieurs vidéos sur les animaux utilisés dans les divertissements :

Aux États-Unis, la HSUS travaille à mettre un frein à l'utilisation d'animaux sauvages dans les cirques



Catherine Pelchat

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(1) CITES : « La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre États. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent. »

(2) « Game farm » : Lieu où l’on peut se divertir en abattant des animaux et/ou l’on peut avoir accès à des viandes exotiques.


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Animals in Entertainment

CIRCUSES WITH ANIMALS: BEHIND THE SCENES

The staging of wild animals under the circus big top is a shameful and grotesque spectacle. Anyone who knows what these animals are forced to endure in the name of acrobatic feats would never spend the slightest amount of money to watch such charades, which impress only those still ignorant of what these flashy rags of the past are hiding.

A LITTLE HISTORY

Who has not heard of circus games in the Roman Empire? Circus in Latin means circular and refers to the shape of the enclosure where the public games of ancient Rome took place. These games, along with bear exhibits and private menageries, gave rise to the modern circus, which first appeared in 1768 when British Cavalry officer Philippe Astley created a circular ring in London to train horses for stunt riding. Not permitting any fakery, these open spaces were used by aerialists, tightrope walkers, and jugglers performing one after the other to attract thrill-seeking audiences eager for distraction, enchantment, and the supernatural. Around 1820, big tops were introduced, promoting the growth of moveable circuses. Still, not all circuses took place under big tops. Some ten years later, during the colonial era, the importing of large wild animals from Africa and Asia began. Initially, the animals were exhibited around the tents in cages on wheels, and the public came to observe the exotic animals, and watch big cat feedings or trainers entering the cages. Following the introduction of cages that could be dismantled, audiences could see wildcats tamed in the centre ring under the big top. During this shameful period in western history—that may not yet really be behind us—“exotic” and “monstrous” human beings were also collected and exhibited for so-called educational purposes. These included natives, dwarfs, giants, and people that were obese or deformed. After World War II, traditional circuses began to lose popularity. Between 1970 and 1980, the big neon signs disappeared, and bankruptcies followed. Around the same period (1980s), a new and much more sophisticated circus emerged. With an accent on aesthetics and creativity, this new circus finally eschewed the use of both wild and domestic animals. The bygone style lives on, but fortunately its decline continues, thanks to the protests of a more aware and civilized public.

WHERE THE ANIMALS COME FROM

Circus menageries and zoos were first built up by plundering nature from countries under colonial domination. Now, despite the increased complexity of importing animals thanks to CITES, many circuses cannot produce documents attesting to the origin of their animals. Subsequently, we believe that there are still a great many illegal exotic animals. For example, most elephants would have been captured in their natural habitats, but remember that elephants, tigers, and primates are endangered species. Some circus animals were born in captivity in circuses themselves or more often in zoos.

WRETCHED LIVING CONDITIONS

Like us, animals have a range of needs which give rise to pleasure when satisfied and pain when frustrated. Wild animals in circuses experience living conditions that are totally incompatible with their physiological and ethological needs, and entirely disrespectful of their dignity.

When animals are not being trained, traumatized, crushed, broken, deprived of food, water, and rest, or being threatened with hooks, electric prods, whips and other “enslavement tools”; when they are not assuming painful and unnatural positions (elephants standing on their heads), performing dangerous stunts (bears riding bicycles, tigers jumping through flaming hoops) or acts of vulgar foolishness (monkeys dressed in costumes), they are either confined in cramped, poorly maintained quarters, or shackled and chained. What is more, they do not eat or drink according to their real needs, but to economic, training, travel, or performance requirements. Thus, elephants are not given enough to drink to keep them from urinating in mid-performance.

(Source: PETA)

And that is not all. Add to these miseries repeated travel throughout the year, often over long distances in unsuitable, non air-conditioned vehicles that cause discomfort, stress, and injury. How do you think a giraffe is transported? By forcing it to travel with its neck bent. Would you be able to crouch for hours with no possibility of standing upright, your feet in chains, unable to satisfy your hunger or thirst, obliged to urinate and defecate on the spot? Yet, that is precisely the lot of elephants under the yoke of show business. Many of them are also doomed to spend the bulk of their lives tied up. A study on travelling circuses reported an elephant chained 96% of the time. Tigers and lions live and travel in cages 4 feet high, 7 feet long, and 7 feet wide; moreover, there are two in a cage. Large felines, bears, and primates are forced to eat, drink, sleep, defecate, and urinate in these narrow cages.

Source: PETA

Mistreatment is standard in circuses, and sometimes it reaches new heights. Such was the case of the camel that died of thirst in a circus in France during the summer of 2003. The punishing heat wave of the time cannot explain the death of an animal able to tolerate extreme desert temperatures. According to witnesses, animals in the Franco-Belgian Muller circus were given nothing to drink. Rather, certain people appalled by this situation brought the animals a little water for relief.

Elephant dead from the heat. The temperature in the trailer had risen to above 120 degrees Fahrenheit (Source: PETA)

In the circus environment the basic needs and requirements of wild species and of individuals from exploited species are ignored or given minimal attention. Moreover, qualified veterinarian care is often lacking. Animals exploited in circuses are treated like dumb slaves whose masters reap the benefits. That is the naked and damning truth.

The overall picture is far from rosy, even if those who profit from such disregard for animal life honestly want people to believe that the animals under the spotlight are happy.

“THE BIG LIE BEHIND THE BIG TOP”

 

«From time to time pull a small piece of sugar from your pocket and offer a nibble: your student makes an excellent impression on the public, who convince themselves that the subject takes pleasure in executing an act, is fussed over and pampered by the master from morning to night, and loves this master to death. These are the tricks necessary to conceal the cruelties of the profession. If this cruelty were suspected, all our acts would be prohibited.» Harry Collins, trainer

 

This kind of illusion is maintained, and there are others: roles are also reversed. The attacker (the trainer) becomes the attacked, and the captive (the wild animal) becomes the dominant one to be mastered. In this way, the trainer tries to impress the public and prove his strength, courage, and “magnetism.”

Exotic animals have served and continue to serve as bait for attracting audiences. It is not enough to exhibit them as in the early colonisation period. Instead, they are exploited through physical or psychological violence and the infliction of unnatural behaviours in order to amuse and bedazzle audiences. Some animals are muzzled or have their teeth pulled out. Others are drugged to make them more compliant and force something on them that is contrary to nature—an exercise, a posture, and even predator-prey cohabitation. Any means is acceptable for obtaining total and permanent submission—primarily through fear, if not terror. It happens quite regularly that animals choose to resist, which is perfectly healthy. However, these recalcitrant animals risk more brutal repression, rougher punishment, disposal, or even death. Thus, they are made to understand that they no longer have the slightest chance of escaping their horrible destiny. All the same, some end up exploding or rebelling. Escapes and attacks by animals tortured under the big tops show how wrong it is to believe that attending circuses is safe, or that circus animals are perfectly controlled. These sometimes highly sensationalized behaviours clearly show that circuses should no longer detain animals that should be free.

Having no freedom to lead their own lives causes stereotypical behaviours in a great many captive circus animals, including repetitive movements, which are indicators of deep disturbance. Frustration of these animals’ basic needs coupled with such brutal training causes depression, submission, and passivity. Aside from the inherent violence, detaining animals in circuses causes intense suffering. Take elephants, for instance, whose vast natural habitats cover hundreds of kilometres of savannah and forest in Africa and Asia. In circuses, they are almost always tied up and can barely move. In nature they sleep between 2 and 5 hours standing or lying on their sides; the short, twisted ties that imprison them in circuses usually prevent them from lying down. Moreover, circus elephants cannot attend to their toilet, where in the wild they spend an average of 2 hours a day taking mud baths, rubbing against trees, and lying in the dust. At liberty, they spend about 16 hours foraging for food and eating; in circuses they are fed only morning and evening. In nature, they drink often; circus personnel consistently give them the minimum, in order to avoid “water damage” in the ring. Elephants born in captivity are taken too early from their mothers’ protection and supervision (between age one and three), tied with ropes that injures their feet, and isolated until they learn to fear their trainers. Clearly, things would be completely different if these little elephants were born free—they would spend up to 15 years in their mothers’ care.

In Belgium, the GAIA association recently produced a report revealing that the living conditions of wild animals in circuses do not meet even minimal conditions for animal welfare in Belgian zoos.

RETIREMENT 

How are animals disposed of when they no longer perform? What kind of retirement is offered? Here again—and it follows logically—their fate is generally not to be envied. Many, especially the big cats, are euthanized or relegated to so-called circus winter quarters and often chained or caged until death. Some are sold to other circuses, private menageries or zoos, or even research labs or game farms.

PUBLIC HEALTH AND SAFETY

The presence of animals in circuses poses a real danger both for staff and the public. Doesn’t it seem natural that a suffering, beaten, or mistreated captive animal will eventually seek release by escaping (posing risks to those who cross its path) or by attacking those who hamper, mistreat, brutalize, and humiliate it (the trainers)? Rebellion by captive animals can cause not only mild or serious injuries to circus personnel and the public, but death as well. Restive animals are often beaten, although their only “fault” is defending what remains of their dignity.

The following incidents involving captive animals occurred worldwide from 1990 to 2003 (Source: PETA):

BEARS: 26 bears killed; 14 human deaths (8 children); more than 40 people injured

BIG CATS: 87 big cats killed; 53 human deaths; more than 180 people injured

ELEPHANTS: 65 people dead and more than 130 injured

PRIMATES: 450 primates killed; 2 human deaths; more than 130 people injured

In August 1994, Tyke, a fleeing female elephant in distress, was shot 87 times before collapsing. She avenged her trainer by trampling him to death during a performance. She seriously injured two other trainers who tried to stop her, as well as 12 spectators who happened to be in her path before escaping the big top on a busy street in Honolulu. Traces of alcohol and cocaine were found in the blood of her trainer, Allen Campbell, reputed for his brutality toward elephants.

Still another kind of danger is threatening circus personnel and the public. Since 1996, at least 18 cases of tuberculosis were diagnosed in circus elephants in the United States, and it has been reported that Mycobacterium tuberculosis or Koch’s bacillus (this strain of TB) is mutually transmissible from elephants to humans. It is hard to precisely evaluate the current situation in captive elephants worldwide. Screening tests are not reliable, since carrier elephants’ latent bacilli cannot be diagnosed. Moreover, some circuses falsify tests or try to avoid submitting them. Several cases of this particular strain were detected in a herd of the Hawthorne Corporation, a business that rents and sells elephants throughout North America. The Hawthorne Corporation is well known for breaching the basic rules of animal welfare. Tuberculosis was also diagnosed in several circus employees, particularly those in close contact with elephants. The risk affects not only circus employees, but also the public. To inflate their receipts, some circuses offer elephant rides so people can approach and even feed the animals. Consequently, children who are more vulnerable due to weaker immune systems can, if infected, contact tubercular meningitis.

PROMOTING CIRCUSES WITHOUT ANIMALS 

At the dawn of the third millennium, it is high time to end the exploitation of animals in travelling shows. Beginning in the 1980s, a number of new-style circuses focusing entirely on human achievements appeared, such as the renowned Cirque du Soleil. Moreover, pre-existing circuses have been revamped and developed, leaving the use of animals behind.

This trend in circuses seems to go hand in hand with the increasing number of cities that have similarly limited or banned such use of animals.  

BANNING CIRCUSES WITH ANIMALS

Banning the use of animals in circuses combats not only the inherent cruelty in the kind of life imposed on these animals, but also the perpetual false belief that humans are superior, and therefore have the abominable right and will to subjugate and dominate. The ban also helps prevent public health and safety issues related to such human prejudice. Animals are innocent, yet many people are still manipulated into thinking that it is legitimate to imprison and train them for entertainment.

A number of countries have banned the use of wild animals in circuses:

Austria

Brazil

Costa Rica

Denmark

Finland

India

Israel

Norway

Singapore

Sweden

Switzerland

Many cities and municipalities in Canada have enacted legislation banning the use of wild animals in circuses:

Québec:

Ville Saint-Laurent

Ville de Mont-Royal

British Columbia:

Burnaby

Chilliwack

Coquitlam (city)

Cowichan

Delta (municipality)

Kamloops

Kelowna

Langley

Maple Ridge

Nanaimo (city)

Nanaimo (regional district)

New Westminster

North Cowichan

North Vancouver

Parksville

Saanich

Salmon Arm

Surrey (city)

Vancouver (city)

Victoria

Newfoundland:

St. John’s

Nova Scotia:

Argyle

Bridgewater

Digby

Shelburne

Yarmouth

In the United States, 16 municipal jurisdictions have banned circuses with wild animals. A number of others have prohibited certain acts such as elephant rides and bear fights. For details see:

Legislation prohibiting or restricting animal acts

In Great Britain, more than 220 municipalities and counties have prohibited these shows. In some cases, the restriction includes not only wild animals, but all species.

In western Australia, 14 municipal jurisdictions have banned circuses with wild animals. In Southern Australia, the city of Tea Tree Gully followed suit. This restriction applies to the whole region of Australia’s capital, Canberra.

DEFICIENT LEGISLATION

Currently, no country has fair laws regarding animals—which are our equals. Some places, such as Germany, have demonstrated a certain legislative boldness, but from the perspective of abolishing discriminatory and dominating practices towards animals, the situation is still completely inadequate. Remember that we too are animals, and that showing solidarity acknowledges this common identity. Differences between animals (both species and individuals) should be perceived as rich and mysterious, as diverse and infinite expressions of life. Yet, tragically, they are seen as grounds for denigration and the justification of violent and destructive acts. It is extremely urgent that we realize that our misguided perceptions about ourselves and everyone and everything in relation to us affect our lives in general and our survival. However, for the time being, let us be pragmatic and take action for animals tortured in circuses. To do this we must know the current legislation in our countries.

In Canada, Global Action Network can provide comprehensive information to anyone wanting to take action to abolish the exploitation of circus animals.

In France, One Voice is the best reference.

In Belgium, GAIA leads an exemplary campaign despite the telling reversal of circumstances.

In the United States, the indispensable PETA provides top quality guidance.

The PETA website also features a number of videos on animals in entertainment.

In the United States, HSUS is working to end uses of wild animals in circuses

Author: Catherine Pelchat, 2005

Traduction : Susan Spier, révision de la traduction : Julie Plovnick
Kind Translators/Traducteurs
pour le traitement éthique des animaux
www.kindtranslators.com
info@kindtranslators.com

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(1) CITES: The Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora is an international agreement between governments. Its aim is to ensure that international trade in specimens of wild animals and plants does not threaten their survival.

(2) Game farm: Place where people can kill animals for amusement and/or gain access to exotic meats.

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