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La chasse au phoque du Canada
| «Je trouve atroce d'avoir à penser chaque année, vers la fin de l'hiver, au moment où les mères phoques mettent bas sur la banquise, que ce grand travail naturel s'accomplit au profit d'immédiats massacres» Marguerite Yourcenar - 1903-1987 |
LE GRAND MENSONGE
Tous
les
ans,
à
la
fin
de
février,
les
phoques
du
Groenland
et
les
phoques
à
capuchon
femelles
montent
sur
la
banquise
près
des
côtes
des
Iles-de-la-Madeleine
pour
y
mettre
bas.
Depuis
1974,
dès
les
toutes
premières
semaines
de
mars,
de
nombreux
touristes
profitent
d'excursions
organisées
pour
venir
admirer
les
blanchons.
Tout
a
été
prévu
pour
rendre
leur
séjour
agréable.
Logés
dans
des
auberges
de
renom,
une
variété
de
restaurants
et
d'activités
diverses
leurs
sont
proposés.
Ils
peuvent
entre
autres
profiter
d'une
croisière
en
navire,
d'une
promenade
en
traîneau
à
chiens
ou
d'une
envolée
en
hélicoptère
qui
les
déposera,
une
ou
deux
fois
durant
leur
séjour,
sur
des
îlots
de
la
banquise.
Accompagnés
de
chasseurs
ou
d'ex-chasseurs
de
phoques,
improvisés
pour
la
circonstance
en
guides
touristiques,
les
visiteurs
passent
une
demi-journée,
sur
cette
immense
"pouponnière",
au
plus
près
des
loups-marins
(phoques).
C'est
un
spectacle
unique
au
monde
pour
ces
touristes,
qui
peuvent
même
caresser
les
blanchons,
les
serrer
dans
leurs
bras
et
se
faire
photographier
à
leur
côté.
Éblouis
par
ce
qu'ils
ont
vu,
ils
retournent
chez
eux,
le
coeur
rempli
de
souvenirs,
leurs
sacs
de
voyage
chargés
de
photos
et
de
films
inoubliables.
Qu'importe que des milliers de mamans phoques, stressées et dérangées par la présence des touristes, soient demeurées sous la glace, s'abstenant d'aller nourrir leur petit à intervalles réguliers - les quelques 30 millions de dollars que ces excursions ont procurés à l'industrie ne sont pas négligeables et l'image de ce beau coin de pays n'aura pas été ternie ! La majestueuse banquise ne sera recouverte de sang que lorsque les touristes auront quitté les lieux et que les bébés phoques âgés de 12 jours et plus, confiants et habitués à la présence de l'homme depuis leur naissance, seront soudainement et brutalement agressés par lui.


Phoque du Groenland d'environ 1 semaine (blanchon) Phoque du Groenland d'environ 2 semaines
Images IFAW
Après avoir entrepris un long périple migratoire depuis l'Arctique, tous les ans, en février, le troupeau de phoques du Groenland et de phoques à capuchon migre vers l'Atlantique nord. Il atteint d'abord Terre-Neuve, puis se sépare en deux grandes colonies : l’une au nord-est de la région, l’autre dans le golfe du Saint-Laurent, la deuxième zone principale de reproduction des phoques. Six espèces de phoques évoluent au large de la côte atlantique du Canada : le phoque du Groenland, le phoque à capuchon, le phoque gris (1), le phoque annelé, le phoque barbu et le phoque commun. Des six espèces énumérées, ce sont le phoque du Groenland et le phoque à capuchon qui alimentent la quasi-totalité de la chasse commerciale.


Maman phoque à capuchon et son bébé dos bleu Maman phoque du Groenland et son blanchon
Images IFAW
Cette chasse commerciale au phoque du Groenland et au phoque à capuchon, commence officiellement le 15 novembre et se poursuit jusqu’au 15 mai inclusivement. Cependant, la plus grande partie de la chasse a lieu vers la fin des mois de mars et avril, et le ministre des Pêches et des Océans peut, à son gré, en abréger ou en prolonger la durée. L'abattage des phoques se déroule sur les côtes de Terre-Neuve, du Labrador, l'Île du Cap-Breton, ainsi qu'au Québec, dans le golfe du Saint-Laurent et l’estuaire maritime, principalement dans les secteurs de la Côte-Nord et des Îles-de-la-Madeleine. Dès que les conditions des glaces le permettent, des groupes de chasseurs canadiens, se rendent à ces mêmes endroits pour y abattre des centaines de milliers de phoques, en majorité des bébés, à peine âgés de quelques semaines.
LE GRAND MASSACRE
Dès
1992,
on
tentait
déjà
d'invoquer
des
prétextes
à
la
raréfaction
de
la
morue,
dont
la
prédation
par
les
phoques.
Mais,
en
1994,
deux
départements
de
Pêches
et
Océans
Canada
concluaient
que
«l'effondrement
du
stock
de
la
morue
du
Nord
pouvait
être
attribué
principalement
à
la
surexploitation
humaine».
Aujourd'hui,
pour
perpétuer
le
massacre
des
phoques,
on
continue
pourtant toujours
d'invoquer
leur
prédation
sur
la
morue,
même
si
ces
allégations
ont
été
démenties
par
de
nombreux
scientifiques
et
que,
malgré
un
moratoire
sur
la
pêche
de
ce
poisson
depuis
plus
de
10
ans,
les
stocks
ne
se
sont
toujours
pas
reconstitués.
IFAW (Fonds International pour la protection des animaux) dénonce depuis 1969 cette cruelle chasse commerciale au phoque du Groenland et à capuchon. Et, malgré les menaces et les arrogances de certains chasseurs de phoques, cette organisation continue chaque année d'observer, de filmer et documenter le déroulement de cette chasse. En 2001, une équipe de cinq vétérinaires indépendants se joignait à IFAW et rapporta que la réglementation en vigueur n’était ni respectée ni mise en application, que 79 % des chasseurs ne vérifiaient pas que l’animal soit mort avant de l’écorcher et que cette chasse avait fait subir aux phoques des souffrances considérables et inacceptables. Tous les ans, des journalistes et enquêteurs provenant de divers milieux de la défense des animaux, documentent eux aussi les infractions commises lors de cette chasse au phoque. IFAW a présenté au ministère des Pêches et des Océans, des preuves sur vidéo mettant en évidence plus de 660 infractions au Règlement sur les mammifères marins du Canada. À ce jour, aucune accusation n’a été portée. La chasse commerciale 2001-2002 a fait 286,238 petites victimes et 96.6% d'entre elles étaient âgées de 12 jours à 12 semaines.
La chasse commerciale de l'année 2003-2004 s'est avérée tout aussi cruelle et encore plus meurtrière.
| Le 3 février 2003, le ministre de Pêches et Océans Canada, Robert G. Thibault, annonce le Plan de gestion de la chasse au phoque du Groenland et du phoque à capuchon dans l’Atlantique pour 2003-2005 inclusivement. Ce plan de chasse est conçu de façon à réduire la taille du troupeau de phoques. Sur une période de 3 ans, les chasseurs de phoques sont autorisés à abattre 975 000 phoques du Groenland et 30 000 phoques à capuchon, dont un maximum de 350 000 au cours de deux de ces trois années. En fin de saison dans la région du Golfe, un quota de 8 909 phoques est attribué afin de permettre aux chasseurs de phoques de la Côte-Nord du Québec d’avoir accès aux troupeaux de phoques au moment où ils se trouvent dans la région des chasseurs après leur migration vers le sud du Golfe. M. Robert Thibault affirme que les phoques constituent une ressource naturelle importante et que «quelques 12 000 chasseurs canadiens et leur famille dépendent de leur chasse». |
Suite
à
cette
décision,
dès
l'ouverture
de
cette
chasse
printanière,
en
48
heures
seulement,
140,000
bébés
phoques
étaient
abattus
!...
Et,
quelques
semaines
seulement
après
cette
annonce,
la
chasse
2003-2004
faisait
352,953
victimes.
À
ce
nombre
effarant,
s'ajoutent
des
milliers
d'autres,
puisque
les
phoques
blessés
et
égarés
qui
meurent
sous
les
glaces
et
qui
ne
sont
pas
embarqués
sur
les
bateaux
de
pêche,
ne
sont
jamais
comptabilisés
dans
les
statistiques
gouvernementales.

Chasseurs de phoques du Canada (Source: IFAW)
Les autorités canadiennes, et tous ceux à qui cette industrie profite, tentent de rassurer le public en lui faisant croire que depuis 1983, seuls les phoques adultes sont tués, alors que dans les faits, les blanchons commencent à perdre leur fourrure blanche environ 12 jours après leur naissance. Et, bien évidemment, qu'il soit blanc ou qu'il soit noir, un bébé de 12 jours, est toujours un bébé ! ...

Bébé âgé de moins d'un mois blessé par balle, agonisant (IFAW 2006)
Les blanchons ne naissent pas tous en même temps et des naissances tardives peuvent survenir, mais dès leur sevrage terminé, les mamans phoques abandonnent leur petit "guenillou" et reprennent le large. Les petits se blottissent alors les uns contre les autres en poussant des cris et ils comprennent dès lors qu'ils doivent se débrouiller seuls. Les bébés phoques passent la majeure partie de leur temps à dormir et perdent graduellement leur pelage blanc qui devient de couleur argentée et tachetée de noir. Les jeunes phoques doivent jeûner et vivre sur leur réserve de graisse pendant environ six semaines, ou jusqu'à ce qu'ils soient prêts à se lancer à l'eau. Mais, avant même qu'ils n'aient eu la chance d'apprendre à nager et à s'alimenter de nourriture solide, ils sont tués sur la glace de façon barbare.
Les autorités tentent également de rassurer le monde entier en affirmant que la chasse actuelle s'est «modernisée», qu'elle se fait de façon beaucoup plus «humaine». Et pourtant !... Les engins utilisés sont certainement plus «modernes» qu'ils ne l'étaient aux siècles derniers, mais les méthodes d'abattage demeurent toujours aussi archaïques !

Bateau de pêche et hélicoptère appartenant à des chasseurs de phoques du Canada (Source: IFAW)
Pour
faciliter
l'accès
aux
«pêcheurs»
sur
la
banquise,
des
brise-glace
de
la
Garde-Côtière
fraient
un
chemin
aux
bateaux de
pêche
qui
s'avancent
aussitôt
près
des
«pouponnières»,
puis,
à
bord
de
motoneiges,
les
chasseurs
s'approchent
des
bébés
phoques.
Armés
de
gourdins
et
de
hakapiks
(gaffes
ressemblant
à
des
pics
à
glace),
ils
commencent
aussitôt
à
frapper
sur
la
tête
du
plus
grand
nombre
de
phoques
possible
afin
de
les
immobiliser.
Ils
reviennent
ensuite
au
premier
phoque
blessé,
le
renverse
sur
le dos
et
commencent à
l'écorcher,
et
ainsi
de
suite.
La
plupart
du
temps,
les
petits
phoques
sont
écorchés
vifs
avant
d'être
tués
car,
dans
la
majorité
des
cas,
les
chasseurs
ne
respectent
pas
les
directives
et
ne
vérifient
pas
si
les
phoques
sont
morts
avant
de
les
dépecer. (2)
Des
phoques
blessés
sont
empilés
par
dessus
d'autres
phoques
laissés
pour
morts
et
abandonnés
à
leurs
souffrances
pendant
des
heures alors
que
d'autres
phoques
vivants
sont
traînés
sur
la
glace
à
l'aide
de
crochets
affûtés
ou
que
d'autres
encore
sont
blessés
par
balle
puis
abandonnés
à
leur
sort.
Lors de cette gigantesque chasse de 2003-2004, 45% de tous les bébés phoques ont été écorchés alors qu'ils étaient encore vivants.
| Scène de chasse au phoque 2003-2004 - «Un chasseur vient d'asséner un coup d'hakapik à un phoque; le chasseur se retourne et en matraque aussitôt un autre, puis un autre, puis encore un autre,... pour finalement revenir écorcher le premier phoque qu'il a blessé». (IFAW) |

| Scène de chasse au phoque 2003-2004 - Un jeune phoque, toujours vivant mais blessé, gît aux côtés d'autres bébés phoques présumés morts. Rebecca Aldworth de la HSUS implore un chasseur qui passe en motoneige de mettre fin aux souffrances de ce jeune phoque. Le chasseur lui fait un geste obscène, et par méchanceté, fonce à toute allure avec son engin sur le corps d'un autre bébé phoque. |
Les phoques sont écorchés à même la banquise, d'autres à bord des bateaux de pêche. L'organe génital des mâles, les nageoires et les peaux de phoques sont retirés, puis les carcasses sont abandonnées sur les glaces ou jetées à la mer (3)


Carcasses de phoques abandonnées sur la banquise ou balancées par-dessus bord - Images IFAW
| Scène de chasse au phoque 2003-2004 - «Deux chasseurs nous crient de reculer. Ils ne veulent pas être filmés. L'un deux attrape un bébé phoque et le jette violemment sur la glace. Il s'assoit ensuite sur lui et le frappe avec son pic, puis, le laissant agoniser, il s'attaque à un autre phoque». Rebecca Aldworth-HSUS |
LES RAISONS DE CE GRAND MASSACRE
Même si quelques produits locaux sont fabriqués à base de viande de phoque (4)comme la traditionnelle tourtière à la nageoire de phoque (seal flipper pie) de Terre-Neuve, ou les terrines, escalopes ou fricassées de «loup-marin» du Québec, au Canada, seule une petite proportion de chair de phoque est consommée par la population. Les phoques sont tués principalement pour leur fourrure, leur pénis et leur huile. La majorité des fourrures de phoques est exportée dans quelques pays européens, mais surtout en Asie, un continent où le Canada a investi de grosses sommes d'argent pour promouvoir ses «produits» du phoque. Les pénis de phoque, séchés et réduits en poudre, sont vendus sur les marchés asiatiques comme prétendus élixirs aphrodisiaques. Certains en sont très friands. Quant à l'huile de phoque, elle est principalement utilisée dans la préparation de capsules d'Omega 3 et elle est vendue partout au Canada de même qu'exportée dans de nombreux pays européens et asiatiques.
La majorité de la population canadienne ainsi que la majorité de tous les pays du monde, s'objectent à cet atroce massacre des bébés phoques du Canada, pourtant l'argent de ces contribuables est utilisé pour subventionner non seulement la promotion des produits du phoque mais aussi des usines de délardage pour l'extraction d'huile de phoque, usines qui agissent à titre d'intermédiaires entre les chasseurs de phoques et les tanneurs. L'État injecte également des millions de dollars pour des recherches effectuées dans des firmes spécialisées pharmaceutiques et biotechnologiques dont le but principal est de trouver d'autres débouchés aux produits du phoque ... produits principalement axés vers l'exportation et qui ne sont absolument pas essentiels. Si l'État se soucie réellement de ces 12,000 chasseurs de phoques, qui, soit dit en passant, redeviennent «pêcheurs» le reste de l'année, mais qui, selon le ministère des Pêches et Océans Canada, «dépendent de la chasse au phoque» pour boucler leurs fins de mois, pourquoi alors ne pas utiliser l'argent des contribuables -qui sert actuellement à subventionner une chasse à laquelle ils sont majoritairement opposés, pour créer des emplois plus durables,moins sanglants et moins polluants à ces 12,000 chasseurs ? Dans les circonstances actuelles, l'on ne peut que condamner ce massacre inutile dont les raisons évidentes sont l'argent qu'il procure à l'État, et celui qui est convoité.
Notes:
|
Quelques faits marquants de l'histoire de la chasse au phoque du Canada
Au début du XVIième et au XVIIième siècles, des Basques espagnols, des Portugais, Français, Anglais et Acadiens, commencent à exploiter les morses et les phoques dans ce qui est maintenant appelé l'Atlantique canadien. Durant l'hiver, des colons français chassent le phoque dans le fleuve St-Laurent en utilisant des filets, des hakapiks et des carabines. Au XVIIIième siècle, des colons anglais commencent à chasser avec des filets sur la côte nord-est de Terre-Neuve. Les blanchons sont chassés au printemps tout près du littoral. Les phoques plus âgés sont chassés plus tard en saison, à bord de petites embarcations et à l'aide d'armes à feu. En 1723, la chasse au phoque devient un évènement record annuel. De grandes quantités d'huile de phoque sont expédiées en Angleterre et utilisées comme combustible à lampe, lubrifiant, huile à cuisson, ainsi que dans la confection de savon et dans le traitement des cuirs et de la jute. De 1818 à 1862, la chasse au phoque est à son plus haut niveau. Plus de 18 millions de phoques sont débarqués durant cette période. Les captures dépassent parfois les 500 000 phoques par an. Vers le début de 1860, surexploités, les phoques se font plus rares et il est impossible d'obtenir des niveaux de captures aussi élevés que précédemment. Vers la fin du XVIIIième siècle, des "pêcheurs" commencent à utiliser des voiliers en bois pour chasser sur les glaces durant la saison de reproduction des phoques. Une chasse commerciale à grande échelle débute alors et devient, après la pêche à la morue, l'activité la plus importante, comptant pour plus du tiers des exportations totales de Terre-Neuve. En 1890, le prix de l'huile de phoque diminue conséquemment à l'augmentation de la production du pétrole et les exportations de produits à base de phoque comptent pour moins de 10% de la valeur totale des exportations de Terre-Neuve. En 1895, les premières lois pour protéger les jeunes phoques sont décrétées et il est interdit aux vaisseaux de faire plus d'une expédition par saison sur la glace. À la fin de ce siècle, plus de 33 millions de phoques ont été abattus. Au milieu du XIXième siècle, de grands vaisseaux à vapeur remplacent les voiliers de bois. Les captures annuelles de phoques commencent à augmenter: 320,000 vers 1860 et 430,000 vers 1870. La transition des voiliers en bois aux vaisseaux à vapeur augmente les dépenses de la chasse annuelle au phoque, et seuls de riches propriétaires ont les moyens d'opérer ces vaisseaux. Les profits énormes générés par cette chasse deviennent la force motrice de cette industrie. Au XXième siècle, de gros vaisseaux vapeur en acier, beaucoup plus performants, remplacent les vaisseaux vapeur en bois. La Première guerre mondiale amène un bref répit et seulement 47,000 phoques sont débarqués en 1915. Les captures demeurent basses jusqu'en 1920. Pour localiser des troupeaux de phoques, des avions sont alors utilisés. Les captures augmentent jusqu'à une moyenne de 154,000. -1937- La Norvège commence à envoyer de larges vaisseaux pour chasser le phoque du Canada. Pendant la 2ième guerre mondiale, les captures de phoques sont à leur plus bas niveau. En 1943, aucun phoque n'aurait été capturé. Après la 2ième guerre mondiale, les prix de l'huile de phoque sont élevés ce qui amène une résurgence immédiate de la chasse. Entre 1946 et 1949, chaque année, 200 000 phoques sont capturés. -1949-Terre-Neuve se joint au Canada et la chasse au phoque terreneuvienne devient alors la chasse canadienne au phoque. -Les avancées norvégiennes dans le traitement et le tannage des peaux amènent de nouveaux stimulants pour tuer des phoques pour leur fourrure. La fourrure remplace l'huile de phoque et devient alors le principal produit de l'industrie du phoque. -1950- Des scientifiques canadiens commencent à étudier les troupeaux de phoques et expriment leur préoccupation quant au nombre d'animaux tués. -1950-1960- L'industrie norvégienne compte pour plus de la moitié des captures annuelles de phoques du Canada. C'est elle qui établit le prix des peaux et qui contrôle la plus grosse part du marché. -1961- Des dates de fermeture sont arrêtées pour limiter la durée de la saison de la chasse. -1965- Le gouvernement décrète un règlement sur les mammifères marins et interdit de tuer les femelles enceintes. Les captures demeurent toutefois très élevées: entre 1960 et 1969, environ 284 000 phoques sont abattus. -1969- IFAW voit le jour. -1971- Des scientifiques mettent en évidence le fait que les troupeaux de phoques sont décimés et des pressions grandissantes de la part de défenseurs des animaux amènent l'introduction d'une gestion des quotas. La population de phoques continue tout de même à décliner. Des scientifiques concluent que, entre 1950 et 1970, la population des phoques a diminué de 50 à 66%, et qu'elle se trouve maintenant en sérieux danger. -1972- Les États-Unis décrètent un règlement sur les mammifères marins et interdisent l'importation de produits de phoques sur leur territoire. -1976- Brigitte Bardot rejoint Brian Davis de l'association IFAW, et déclenche une vaste campagne internationale pour dénoncer l'horrible massacre des bébés phoques canadiens. Entre 1976 et 1983, Greenpeace est très actif et fait de grosses campagnes contre le massacre des phoques. -1977- Brigitte Bardot repart en campagne contre le massacre des bébés phoques. Le journaliste suisse Franz Weber, à la tête de la Fondation Franz Weber (FFW), est également du voyage. -1982- Greenpeace marque des blanchons d'une teinture rouge innoffensive afin de rendre leur fourrure sans valeur pour les chasseurs. -1983- La communauté européenne interdit pour une période de deux ans, l'importation de tout produit dérivé des blanchons. Cependant, la fourrure provenant de phoques plus âgés (12 jours ou plus) peut toujours être commercialisée. Le marché européen de la fourrure de phoques s'effondre et les consommateurs européens tournent massivement le dos à ce type de fourrure. -La demande des produits du phoque se faisant moins grande, les débarquements de phoques plongent à leur plus bas niveau. La Norvège se retire de la chasse au phoque au nord-ouest de l'Atlantique mais continue d'importer des produits du phoque du Canada. -1985- La communauté européenne prolonge de 2 ans son interdiction d'importation. -1987- La ligne de conduite des règlements sur les mammifères marins inclut dorénavant l'interdiction de l'utilisation de vaisseaux de plus de 65 pieds (19.8 mètres) et la vente commerciale de peaux de blanchons. -1989- La communauté européenne bannit, pour une période indéfinie, l'importation de tout produit provenant de blanchons. -1993- Le Conseil pour la conservation des ressources halieutiques (CCRH) est créé et agit en tant que conseil indépendant pour faire des recommandations au ministre de Pêches et Océans Canada- ex. pour l'établissement de quotas annuels de la morue. -1995- Le ministre des Pêches et Océans Canada, Brian Tobin, annonce de nouvelles subventions pour encourager les chasseurs de phoques à tuer plus d'animaux, incluant un nouveau «permis de chasse personnel». Le quota est augmenté à 250 000 phoques. -1996- Les captures débarquées montent en flèche alors que 242,000 phoques du Groenland sont tués, ce qui fait de cette chasse la plus grande chasse commerciale de mammifères marins au monde. -1997- Les quotas sont à nouveaux augmentés à 275 000. -1998- Le 4 mai, John Efford, alors Ministre de Pêches et Océans Canada, fait cette remarque à la chambre d'Assemblée de Terre-Neuve: «Monsieur le président, j'aimerais voir les 6 millions de phoques, ou peu importe le nombre qu'ils sont, tués ou vendus, ou détruits ou brûlés. Je me fous de ce qui leur arrive. La réalité est que les marchés ne sont pas là pour vendre plus de phoques. Ce qu'ils voulaient (les pêcheurs) étaient d'obtenir le droit d'aller tuer des phoques. Ils ont ce droit , et plus ils en tueront, plus je serai satisfait». -1997-1999- Les débarquements de phoques du Canada demeurent très élevés et les prises au Groenland augmentent. -1999- En mars, M. Efford demande au ministère de Pêches et Océans Canada, d'augmenter les quotas permis de 275,000 phoques du Groenland, à 475,000- 575,000, en vue de réduire la population de phoques de moitié. Monsieur Efford est Ministre des Pêches de Terre-Neuve depuis 1990 et est toujours en poste. -1999- Le 27 avril, IFAW demande que la chasse aux phoques cesse immédiatement - L'absence de marché est telle que la chasse n'a plus sa raison d'être. -1999- En mai, IFAW dénonce de nouveaux abus, alors que des phoques sont écrasés par des brise-glace de la Garde Côtière. -1999- Le 16 juin, le ministre délégué au Tourisme et député des Îles-de-la-Madeleine (Québec), Monsieur Maxime Arseneau, annonce que le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Monsieur Rémy Trudel, accorde une subvention de 37 275 $ à une entreprise pour soutenir la réalisation d'un projet expérimental d'extraction d'huile de loup-marin (phoque). -1999- 1er décembre- Selon le Club Sierra et IFAW, le quota actuel d'abattage pourrait mettre en danger la population de phoques du Groenland. -1999- 24 novembre- Les stocks de morue ne se rétablissent pas malgré l'abattage massif de phoques. Les données scientifiques sont claires; les prises de phoques doivent être réduites. -2000- Le marché des produits du phoque est saturé, le prix des peaux diminue et les prises canadiennes sont faibles. -2000- 30 mars- La chasse au phoque est en cours malgré la situation catastrophique des bébés phoques suite à une fonte précoce des glaces. -2000- 16 juin - Bilan de la chasse au phoque : les plus faibles prises depuis 1995. Sans les subventions gouvernementales, l'industrie s'effondre. (IFAW) -2000- 20 décembre- Le gouvernement admet que le quota actuel (275 000) de la chasse au phoque n'est pas viable. -2001- Le ministre de Pêches et Océans Canada, Herb Dhaliwhal, maintient un quota de 275 000 phoques, malgré l'évidence que ce niveau de capture ne soit pas viable. -2001- 18 mai- Le gouvernement de Terre-Neuve recommande l'élimination de 4 millions de phoques (IFAW). -2001- 28 mai- Des centaines d'infractions observées au cours de la chasse au phoque canadienne; IFAW et la FSCAA (Fédération des sociétés canadiennes d'assistance aux animaux) demandent au ministre des Pêches et Océans de renforcer les règlements et d'appliquer la loi. -2001- 14 mars- IFAW exige des réponses pour 1 000 000 de peaux de phoques manquantes. -29 janvier 2002- Une entreprise québécoise inaugure une usine d'extraction d'huile de loup-marin (phoque): «Les produits du loup-marin TAMASU». Le ministre des Pêcheries du Québec, Maxime Arseneau, dont le gouvernement fournit près de 800 000 $ pour le projet, en souligne l'aspect novateur. (Source: Presse canadienne-Îles-de-la-Madeleine) -1 février 2002 - Le conseil d'administration de l'Association gaspésienne de l'industrie du loup-marin (phoque) lance un appel aux industriels et aux chasseurs qui pourraient être intéressés à relancer des activités de transformation du phoque dans la région. Selon le président de l'association, les marchés sont prometteurs et des compagnies de l'Estrie au Québec seraient intéressées à acheter du loup-marin (phoque), notamment pour fabriquer des produits nutraceutiques. (Source: Radio-Canada) -12 février 2002- Le Réseau Pêche et Aquiculture Québec veut uniformiser l'abattage du phoque dans les régions du Québec maritime et offre aux chasseurs de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord, une formation sur mesure afin d'établir des critères et de mieux encadrer cette activité. Les membres de Réseau Pêche et Aquiculture Québec prétendent que les cas de cruauté qui ont été médiatisés étaient des cas isolés. -Printemps 2002- À cause d'une fonte des glaces précoce, de nombreux bébés phoques se noient dans le golfe du Saint-Laurent. La chasse se poursuit tout de même. 2002- 2003- Alors que le quota demeure à 275,000, 35,000 phoques de plus sont abattus, pour un total de 310,000 sans qu'aucune sanction ne soit prise envers ceux qui ont dépassé les quotas permis. Au contraire, le gouvernement canadien augmente même le quota permis, d'encore 75 000 de plus. 2003-2004- Le 3 février 2003, le ministre de Pêches et Océans Canada, Robert G. Thibault, annonce le Plan de gestion de la chasse au phoque du Groenland et du phoque à capuchon dans l’Atlantique pour 2003-2005 inclusivement. Sur une période de 3 ans, les chasseurs de phoques sont autorisés à abattre 975 000 phoques du Groenland et 30 000 phoques à capuchon, dont un maximum de 350 000 au cours de deux de ces trois années. 13 février 2004- Des pêcheurs de Terre-Neuve, Nouvelle-Écosse et Colombie-Britannique, renouvellent une demande au «Conseil pour la conservation des ressources halieutiques» (CHRR) afin qu'on leur accorde la permission d'abattre 5 000 phoques gris par année, pour deux années consécutives, afin de permettre aux stocks de poissons de se reconstituer. Selon les chiffres du Conseil, la population des phoques gris engloutirait aujourd’hui 29 000 tonnes de poisson par an. (Source: Presse Canadienne) Le CCRH appuie les récentes propositions visant à entreprendre une chasse limitée des phoques gris. Une chasse durable pourrait freiner la croissance de la population ou peut-être en réduire le nombre, limitant ou diminuant ainsi les effets de la prédation des poissons par les phoques gris. 2003-2004- Durant les mois de mars, avril et mai, 352,900 phoques sont abattus- presque 3,000 de plus que le quota alloué et sans compter des milliers d'autres perdus ou blessés et non comptabilisés dans les statistiques gouvernementales. Ce sont les chasseurs de phoques du Québec et de Terre-Neuve qui font le plus gros des captures à trois endroits différents des régions de l'Atlantique. Plus de 115 vaisseaux et leur équipage étaient impliqués dans cette chasse printanière. 1 avril 2004- Québec-Canada - Les pêcheurs québécois renouvellent leur demande au «Conseil pour la conservation des ressources halieutiques» (CHRR) afin qu'on leur accorde des quotas pour la chasse aux phoques gris. Selon les pêcheurs, contrairement aux phoques du Groenland, les phoques gris vivent douze mois par année dans le sud du golfe du Saint-Laurent et ils font encore plus de dommages que ceux du Groenland. Les pêcheurs suggèrent même à Pêches et Océans Canada de les payer 25 $ ou 50 $ pour chaque phoque gris qu'ils abattront. Les scientifiques du CCRH constatent que la morue du sud du golfe diminue et le président du CCRH n'est pas contre la suggestion des pêcheurs. Il considère même qu'il pourrait s'agir d'une mesure de contrôle de la population de phoques gris. Le CCRH recommandera donc à Pêches et Océans Canada d’examiner les possibilités de limiter les populations de phoques gris. (Source: Radio-Canada) 14 avril 2004- Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) dénonce encore une fois cette année la cruauté dont font preuve les chasseurs de phoque sur les glaces. IFAW réclame plus d'agents des pêches pour faire observer les règlements de la chasse par Pêches et Océans Canada. Le porte-parole d'IFAW, Rebecca Aldworth, est allée filmer des chasseurs au large de Terre-Neuve, il y a deux semaines. Elle affirme n'avoir jamais vu autant de cruauté envers les animaux. «Les animaux sont éventrés vivants» affirme-t-elle, «les chasseurs ne respectent pas les règlements et il n'y a aucun agent des pêches pour assurer la surveillance. » Le porte-parole de Pêches et Océans Canada, Roger Simon, affirme que la grande majorité des chasseurs travaillent correctement. Il reconnaît cependant qu'il peut y avoir des exceptions et qu'il n'y a pas «un agent des pêches sur tous les lieux en tout temps, c'est une surveillance un peu sporadique et qui change de place à mesure.» Comme chaque année, les films apportés en preuve par IFAW seront étudiés et évalués, affirme Roger Simon. Entretemps, IFAW affirme que Pêches et Océans Canada devrait ajouter des agents des pêches pour vraiment surveiller la chasse ou l'interdire faute de pouvoir la surveiller correctement. 10 juin 2004- Les chasseurs de phoques et le Département des Pêches et Océans Canada sont satisfaits de la chasse qui s'est déroulée ce printemps au Sud du Golfe St-Laurent et à l'Est de Terre-Neuve (Canada). Selon le directeur de la section des Iles-de-la-Madeleine (Québec), cette chasse a été l'une des plus productives et des plus lucratives depuis des années et toujours selon celui-ci, l'abattage de 350 000 phoques par an, pourrait très bien continuer à se dérouler pendant une dizaine d'années, sans causer de déclin à la population. (Source: The Journal Pioneer) 7 décembre 2004- Une usine de transformation de phoques est inaugurée sur la Basse-Côte-Nord du Québec. L'usine de délardage Atshuk devrait servir à traiter 5000 peaux de phoques au cours de la première année de production, peaux qui seront achetées par l'entreprise Tannerie du Nord, de Québec. Entre 6 et 10 emplois seront créés lors de la production qui débutera au printemps 2005, au moment de la chasse. La majorité des emplois sont destinés à des autochtones. (Source: Les Affaires.com) 11 janvier 2005- Le Conseil pour la conservation des ressources halieutiques (CCRH) change de mandat et est maintenant uniquement responsable d'établir des plans de conservation des espèces à long terme. Ce sont les scientifiques à l'emploi du ministère de Pêches et Océans, en consultation avec l'industrie, qui formuleront dorénavant les recommandations des quotas annuels à établir. (Source Radio-Canada) 19 janvier 2005- Les chasseurs de phoques de l'ouest de Terre-Neuve réclament cette année qu'une date soit fixée pour le début de la chasse. Ils veulent commencer à chasser au début du mois d'avril alors que les chasseurs des Îles-de-la-Madeleine (Québec) tiennent à tout prix à entamer la saison à la dernière semaine de mars. (Source: Radio-Canada)
2009-2010- Le carnage se poursuit ...
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A.D.Leiba-Février 2005
Sources et Références:
Agence de promotion économique du Canada atlantiqueAgriculture, Pêcheries et Alimentation Québec
Conseil pour la Conservation des Ressources Halieutiques
Government of Newfoundland and Labrador
Grand Nord - Les voyages polaires
Grey Seal Conservation Society
Imma (International Marine Mammal Association Inc.)
Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec (MAPAQ)
Newfoundland and Labrador Heritage
Sea Shepherd Conservation Society
Secrétariat aux affaires autochtones (Québec)
Site touristique officiel du gouvernement du Québec
http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque1100r.html
Société Radio-Canada ré.:Tamasu
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