
MÉMOIRE SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE - 11 juin 2004
| Note: Ce document a été rédigé par C. Gagnon et A. D. Leiba, de l'équipe actuelle d'Aequo Animo lors de leur implication au sein du Comité d'Actions pour les Animaux (Co-Actions) en juin 2004. |
Nous remercions la Commission de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation de nous avoir permis de présenter notre point de vue sur le sujet des Nouveaux Enjeux de la Sécurité Alimentaire au Québec.
INSPECTION DES ALIMENTS - HYGIÈNE ET SALUBRITÉ
Au Québec, le nombre d’inspecteurs oeuvrant dans les secteurs de
l’alimentation est insuffisant. À Montréal, pas plus d’une quarantaine
d’inspecteurs est affectée à la vérification de la salubrité des
aliments alors qu’il existe des milliers de restaurants, dépanneurs et
autres commerces de détail en alimentation. L’inspection de ces commerces
dans lesquels on retrouve parfois des produits traditionnels "
alimentaires ou médicinaux " est insuffisante et nombre de ces
commerces sont malpropres et n’inspirent pas confiance. Une multitude de
produits vendus par ces établissements ne sont pas identifiés dans les
deux langues officielles et l’on ne peut que se questionner sur leur
contenu. En 2000, après une longue enquête, la World Society for the
Protection of Animals découvrait que des produits à base de bile d’ours
et même des vésicules biliaires entières provenant d’ours torturés
dans leur pays d’origine ou braconnés au Québec et ailleurs au Canada
pouvaient être achetés dans certains de ces commerces. On en a retrouvés
à Montréal. Depuis cette enquête de la WSPA, le consommateur n’est
toujours pas en mesure de savoir si des visites sont régulièrement effectuées
par des inspecteurs dans ces établissements, ni si des inspections
sanitaires y ont lieu régulièrement. En plus de cette découverte par une
société protectrice des animaux de produits illicites vendus dans des
commerces d’alimentation du Québec, deux sociétés européennes de
protection des animaux, la PMAF (Protection Mondiale des Animaux de ferme)
et Animals’Angels, rendaient publiques le l0 décembre 2002, des images révélant
les nombreux sévices infligés aux animaux sur les encans du Québec,
animaux malades, estropiés, torturés qui se retrouvent dans les assiettes
des consommateurs. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur l’efficacité
de nos inspecteurs ?
Il est également très inquiétant de savoir qu’au Québec, quiconque
peut s’ouvrir un " buffet ", même s’il ne possède aucune
compétence pour préparer des aliments ni aucune formation en hygiène et
salubrité. Il est également très peu rassurant de savoir que des
exploitants récidivistes peuvent continuer à servir des repas au public même
après de nombreuses condamnations pour manquement aux règles d'hygiène.
Nous croyons donc, qu’au Québec, les règles actuelles s’appliquant à
la manipulation et à la salubrité des aliments ne sont pas suffisamment
strictes et que des dispositions réglementaires sévères devraient être
obligatoires et appliquées à la lettre et ce dans tous les secteurs qui
touchent à l’alimentation.
OGM
Au Québec, aucune étude sérieuse n’a été menée sur la toxicité des
OGM et de leurs dérivés et la population consomme à son insu de nombreux
produits transgéniques : canola, colza, soja, blé, maïs, plusieurs variétés
de tomates, courges, pommes de terre, etc. En 2001 au Québec, le quart des
terres était consacré aux cultures transgéniques. 10 % de la production
transgénique mondiale se fait dans notre province. Une bonne partie des légumes
et des céréales qui se retrouvent sur les tablettes de nos supermarchés
proviennent de l’Ouest canadien et de l’Ontario où se déroulent la
majorité des expériences sur les OGM pharmaceutiques. L’étiquetage des
produits OGM et de leurs dérivés n’est pas obligatoire et se fait
simplement sur une base volontaire. Même si les normes biologiques de référence
au Québec interdisent l'usage délibéré ou l'introduction par négligence
d'OGM dans les produits " bio ", ces organismes parviennent tout
de même à contaminer le secteur biologique.
De plus, en raison du risque lié à l’ingestion de pesticides concentrés
dans le soja et le maïs transgénique, la sécurité alimentaire est mise
en cause par les OGM, puisque l’essentiel des plantes fourragères est
surtout consommé par les animaux d’élevage intensif. Plus de 60% des
aliments transformés en vente libre contiennent déjà des OGM.
Les organismes génétiquement modifiés sont disséminés dans la chaîne
alimentaire et dans l’environnement et sont présentés à la population
comme étant des avantages, alors qu’on n’en connaît même pas encore
les dangers potentiels. En l’absence de fondements scientifiques fiables
qui pourraient permettre de conclure que les OGM sont inoffensifs, aucune
nouvelle technologie ne devrait être présumée sécuritaire. Et nous ne
voyons pas tellement en quoi, la généralisation de l’utilisation de la méthode
Hazard Analysis Critical Control Point (HACCP) à l’ensemble de
l’industrie alimentaire québécoise pourrait être bénéfique,
puisqu’elle compte accepter les produits contenant des OGM.
CONTAMINANTS ET ADDITIFS
Nos aliments recèlent de nombreux contaminants dangereux pour la santé et
nocifs pour l’environnement : des dioxines, reconnues pour être à
l’origine de certains cancers se retrouvent dans les poissons, les viandes
et les produits laitiers - des BPC dans les poissons peuvent se retrouver
dans le sang ou dans le lait maternel - des pesticides, et insecticides
autres que naturels, sont cancérigènes et empoisonnent aussi les nappes
phréatiques - des hormones de croissance utilisées dans les élevages pour
augmenter la production de lait et de viande sont toxiques, autant pour les
animaux que pour les consommateurs (cancer de la prostate, du sein, puberté
précoce chez les jeunes filles, etc.) - des nitrates, produits par les déjections
animales se retrouvent dans l'eau et se concentrent dans les légumes qui
deviennent alors toxiques - des antibiotiques, utilisés pour pallier aux
mauvaises conditions de vie des animaux d’élevage intensif sont en
parties responsables de la résistance aux antibiotiques chez l’être
humain, - nos terres agricoles sont également contaminées par des métaux
lourds toxiques (mercure, plomb, cadmium).
De nombreux additifs alimentaires se retrouvent dans la majorité des
aliments que nous consommons: agents de conservation, de coloration, édulcorants,
émulsifiants, antioxydants, arômes artificiels, etc. Si certains de ces
additifs sont inoffensifs, d’autres peuvent présenter des risques. En
2002, une étude suédoise a révélé, la présence d’acrylamide (
substance cancérigène utilisée pour traiter l’eau potable ) à des
niveaux élevés, dans les aliments contenant des féculents cuits à haute
température, - " chips ", frites, pain, etc. L’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS) a demandé des études complémentaires afin de
statuer si sa consommation était préjudiciable, mais Santé Canada a
simplement recommandé aux consommateurs de ne plus manger d’aliments
contenant de l’acrylamide.
Les nitrites de sodium et de potassium sont des agents conservateurs utilisés
pour stabiliser et colorer les charcuteries. Transformés en nitrosamines,
ils seraient à l’origine de tumeurs cancéreuses. Les phosphates
alimentaires utilisés eux aussi comme agents conservateurs dans certains
fromages fondus peuvent, à fortes doses, freiner l’assimilation de
certains sels minéraux comme le calcium et le magnésium. Plus un produit
est transformé par l’industrie alimentaire, plus il est probable d’y
retrouver des additifs alimentaires en quantités variables et, si les doses
d’additifs sont minimes dans un produit en particulier, il va de soi
qu’elles peuvent être multipliées selon la quantité de produits consommés.
Le sel et le sucre, bien qu’ils ne soient pas considérés comme des
additifs, sont des ingrédients sur-utilisés dans nos produits
alimentaires. Le sucre, apporte à l’organisme des calories vides et une
surconsommation de sel peut causer l’hypertension artérielle et peut
provoquer des accidents vasculaires cérébraux. Un chercheur français, le
Docteur Pierre Meneton, de l’Agence française de sécurité sanitaire des
aliments (AFSSA), rend l’excès de sel responsable de 25 000 décès
chaque année. Il y aurait selon lui, trop de sel, particulièrement dans
les charcuteries, les plats préparés et aliments surgelés. Suite aux
recherches du Dr Meneton, le gouvernement français a lancé en 2002, un
programme destiné à réduire d’au moins 20 % sur 5 ans la consommation
de sel en France.
ÉTIQUETAGE
Les étiquettes des produits alimentaires comportent une foule
d’informations mais elles sont souvent incomplètes et mal interprétées
par les consommateurs. De plus, certaines mentions valorisantes sont souvent
utilisées de manière abusive : par exemple, "naturel",
"pur", "frais", "l00% pur" sur des étiquettes
de jus de fruits ou confitures contenant des additifs naturels ou
artificiels. Des appellations telles que " Pur Porc " ou "
Pur Bœuf " sur des emballages de pâtés, saucisses ou autres sont également
trompeuses, étant donné que tous les produits utilisant de la viande
contiennent des additifs.
Les lieux d'origine ou de provenance de tous les produits devraient être
indiqués sur les étiquettes, ce qui n’est pas le cas actuellement et
plus particulièrement en ce qui concerne la chair animale dite " fraîche
". Rien n’indique par exemple que de la viande chevaline vendue dans
un supermarché du Québec pourrait provenir de chevaux des États-Unis qui
auraient été exportés et abattus au Québec.

Regard terrifié d'un cheval avant sa mise à mort
Le consommateur devrait aussi être en mesure de connaître de quelle façon les animaux ont été élevés, nourris et abattus (méthodes traditionnelles ou sans étourdissement, -Casher ou Hallal ). À l’heure actuelle, sauf rares exceptions, rien ne permet au consommateur de discerner un produit dont les conditions de production sont particulières en termes de bien-être animal et de protection de l’environnement.
La majorité de tous les poissons " frais ", vendus au Québec
proviennent de fermes d’élevage et l’étiquetage est pour ainsi dire
inexistant. Le consommateur devrait être en mesure de connaître leur
provenance et de quelle façon ces poissons ont été engraissés (farines
de poissons, sang, etc.).
En plus de la provenance, les étiquettes devraient préciser quelles
parties (sang, poils, plumes, cornes, os, gras, abats…) de quels animaux
ont été employées pour fabriquer des " sous-produits "
d’origine animale, fréquemment utilisées comme bases dans la fabrication
de divers produits comme les " hot-dogs ", autres saucisses,
charcuteries ..., ainsi que les aliments préparés pour nos animaux de
compagnie.
La gélatine, produite à partir de restes d’abattoirs ( os, peaux ) étant
largement utilisée dans les produits que nous fabriquons ici même ou que
nous importons, les étiquettes pour les sauces à base de viande,
bouillons, -liquide, en poudre ou en cube, devraient préciser l’origine
des pays où la gélatine et les bouillons sont fabriqués. Le manque
d’informations sur la composition des aliments utilisant de la gélatine
animale devrait inciter à la plus grande prudence car les risques à en
consommer ne sont pas négligeables.
Des obligations d’information au consommateur devraient être imposées
non seulement à la vente à l’étalage, mais également à la
restauration collective hors domicile. Tous les restaurants, "
fast-foods " et collectivités ( hôpitaux, établissements pour
personnes atteintes d’incapacités ou pour personnes âgées, cantines
scolaires, garderies, etc.) servant de la chair ou des préparations à base
de chair animale, devraient afficher l’origine des viandes offertes ainsi
que leur composition.
L’étiquetage actuel entraîne une certaine confusion, voire un faux
sentiment de sécurité. Les consommateurs devraient être mieux informés
pour pouvoir faire un choix éclairé.
Considérant le rôle important que joue la sécurité des aliments dans la
protection de la santé humaine et animale, la Commission (CAPA) est d'avis
que l'amélioration de la sécurité alimentaire au Québec requiert des
efforts de la part de chacun des acteurs de la chaîne. Il nous apparaît
que cela inclut évidemment de considérer qu'à la base, on influe sur la sécurité
en nourrissant les animaux de façon inappropriée, en leur injectant des
hormones, des antibiotiques, des enzymes, et il nous apparaît qu'une
attention particulière devrait prioritairement être accordée aux risques
intrinsèques susceptibles de nuire à la santé humaine, ainsi qu’aux
autres aspects qui relèvent aussi de la sécurité alimentaire et qui
devraient aussi être considérés dans une consultation ayant pour enjeu la
sécurité alimentaire. A l'origine de pathologies non transmissibles comme
le cancer et les maladies cardiovasculaires se retrouve l'interaction de
facteurs génétiques et environnementaux parmi lesquels l'alimentation
tient une très large place.
Le MAPAQ (Agriculture, Pêcheries et Alimentation Québec) avise les consommateurs de l’existence de risques pour la santé
et à cet effet émet à leur intention des mises en garde sur la
conservation et la manipulation des aliments.
La grande majorité des bactéries préfèrent les milieux dans lesquels
elles retrouvent ce qui est nécessaire à leur croissance et c'est pourquoi
les aliments les plus souvent incriminés dans les infections sont les
produits à base de viande, de poisson, d'oeufs ou de lait.
La bactérie E. coli 0157:H7, la campylobactériose, la listériose, la
salmonellose, la toxoplasmose, la brucellose peuvent toutes causer la mort
ou peuvent entraîner de graves complications et des séquelles permanentes
: syndrome de Guillain-Barré, méningite, encéphalite, septicémie,
pneumonie, dommages à la paroi des intestins ou dommages permanents aux
reins, convulsions, accidents cérébrovasculaires. La principale cause de
l'insuffisance rénale chez les enfants canadiens et américains est le
syndrome urémique hémolytique causé par l'E.coli 0127:H7
Les recommandations données au consommateur sont de bien faire cuire la
viande ; cependant la cuisson en friture à haute intensité ou sur le grill
sont elles-mêmes dommageables à la santé. La cuisson prolongée au grill,
si elle élimine certaines bactéries de la viande, a en contrepartie pour
effet d'en augmenter la toxicité au niveau des substances cancérigènes,
tel le benzopyrène qui s'imprègne dans la viande. Le benzopyrène contenu
dans 1 kg de viande grillée sur charbon de bois est considéré équivalent
à la fumée de 600 cigarettes. Un composé chimique alimentaire connu pour
causer le cancer chez les rats a été découvert dans le lait maternel lors
d'une étude. L'agent en question est une amine aromatique hétérocyclique
appelée la PhIP. Elle se forme par pyrolyse (décomposition chimique par la
chaleur seule) au cours de la cuisson des viandes, quand celles-ci sont
grillées ou frites. Plus la température de cuisson est élevée et plus l'émission
de PhIP augmente.
D’autres menaces telles l’ESB, la tremblante du mouton, la fièvre
aphteuse, le SRAS, la grippe aviaire accroissent les risques reliés à
l’alimentation, particulièrement à la viande. Il existe une autre forme
de maladie très préoccupante au Canada et aux États-Unis, la maladie débilitante
chronique des cervidés ou maladie du "cerf fou" (l'équivalent de
l'encéphalite spongiforme bovine (ESB). En 1996, l'Agence canadienne
d'inspection des aliments (ACIA) a diagnostiqué des cas de cette maladie
dans 40 fermes d’élevage de cerfs en Saskatchewan, et 2 en Alberta. Plus
de 60 000 wapitis d'élevage de l'Ouest ont été abattus. La maladie du
"cerf fou" n'est plus seulement concentrée dans les troupeaux d'élevage,
mais elle est maintenant présente dans des troupeaux de cervidés sauvages,
au Canada et aux États-Unis.
Aux États-Unis, depuis que 3 chasseurs sont morts de la Creutzfeldt-Jacob après
avoir consommé de la viande de cerfs atteints de cette maladie (source:New
Scientist), les autorités sanitaires américaines ont fait abattre plus de
40 000 cervidés sauvages de Virginie, soit près du quart de la population.
L'une des causes principales de l'apparition de cette maladie a été
identifiée comme étant les aliments distribués aux animaux d'élevage
contenant des farines de viandes. L'appâtage des cerfs sauvages par des
chasseurs avec des moulées contenant des farines animales est aussi en
cause.
De plus, comme les cervidés d'élevage peuvent transmettre la maladie à
des cervidés sauvages et vice-versa, par simples contacts du museau
par-dessus les barrières des enclos, et que les encéphalites spongiformes
sont susceptibles d'affecter n'importe quel mammifère, comme par exemple
les rats, une éradication de cette maladie est incertaine et laisse planer
de bien sombres doutes sur l'avenir. http://www.cwd-info.org
La consommation de viande et sous-produits animaux est une cause importante
de plusieurs problèmes de santé et nombre de décès résultent de
maladies d’origine alimentaire directement reliées à la viande.
La Fondation des maladies du cœur affirme que l’obésité présente
maintenant l’une des pires menaces à la santé publique de l’histoire
du Canada. L’obésité augmente de 50% les risques d’accident vasculaire
cérébral. L’excès de poids est constaté chez des sujets de plus en
plus jeunes de sorte que les spécialistes s’attendent à traiter
davantage d’infarctus et d’ACV chez des patients dans la vingtaine. Une
obésité importante diminue l'espérance de vie et représente un risque
accru de développer un diabète, une hypertension, des problèmes
articulaires, des calculs biliaires. Les spécialistes demandent que les
gouvernements et commissions scolaires agissent davantage en matière d’éducation
alimentaire. Paradoxalement, pendant qu’on déplore une croissance de
l’obésité parmi la population, les hôpitaux du Québec abritent désormais
en leurs lieux des chaînes de type fast-foods, hamburgers-frites.
Les études statistiques révèlent que les Asiatiques sont moins touchées
par le cancer du sein que les Occidentales. Cependant nous observons une
hausse du cancer du sein chez les Asiatiques résidant en Amérique. Une
telle augmentation est conséquente à leur mode de vie américanisé et aux
changements dans leur alimentation. Le Canada a un taux de cancer du sein
parmi les plus élevés au monde.
Une étude suggère que le gras joue un rôle d'importance dans le développement
de la maladie d’Alzheimer. Selon des chercheurs qui étudient l'effet du
cholestérol sur le cerveau des personnes souffrant de cette maladie, une
ingestion moins grande de gras serait la clef de la prévention de
l'apparition de la dégénérescence de la mémoire. (Presse Canadienne
16.02.2004)
Outre l'âge et les facteurs d'ordre génétique, ce sont surtout les
habitudes alimentaires qui jouent un rôle déterminant dans l'apparition du
cancer colorectal. Le cancer colorectal est un des trois premiers cancers
dans la plupart des pays occidentaux.
Les charcuteries, les matières grasses animales d'assaisonnement (beurre,
crème, saindoux), les viandes grasses comme le mouton, les abats (foie,
cervelle) et les œufs sont associés à un risque élevé de cancer
colorectal. Un effet néfaste de la viande rouge a été essentiellement
constaté dans les pays d'Amérique du nord -et d'Australie, où la
concentration en graisses de la viande type hamburger est élevée.
La consommation de viande de bœuf, d'agneau, de porc et de graisses
animales est associée à un risque élevé de cancer du côlon.
CONCLUSIONS:
Quelques statistiques :
Risque de cancer du colon chez les femmes qui consomment quotidiennement de la viande rouge comparativement à celles qui en mangent moins d’une fois par mois: 250 % plus élevé
Risque de cancer du colon chez ceux qui consomment quotidiennement de la viande rouge comparativement à ceux qui s’en abstiennent: 38 % plus élevé
Risque de cancer du colon chez les consommateurs de volaille à raison d’une fois par semaine comparativement à ceux qui s’en abstiennent: 55 % plus élevé
Risque de cancer du colon chez les consommateurs de volaille à raison de 4 fois par semaine comparativement à ceux qui s’en abstiennent: 200-300 % plus élevé
Coûts annuels médicaux aux Etats-Unis directement attribuables à la consommation de viande: 60 à 120 billions de $ US
L'effet protecteur des légumes est un des résultats les plus constants des
études à visée étiologique. Une revue des 37 études épidémiologiques
et une méta analyse de 16 des 23 études de cas témoin publiées jusqu'en
1990 a montré qu'une majorité d'études étaient en faveur d'un effet
protecteur des légumes sur le risque de cancer colorectal. (Trock B, Lanza
E, Greenwald P (1990). Dietary fiber, vegetables, and colon cancer, critical
review and meta-analyses of the epidemiologic evidence. J Natl Cancer Inst
82: 650-661)
L'élevage industriel cause des dommages considérables à l´environnement
et les conséquences de ces dommages se répercutent sur la santé du
consommateur. Se débarrasser des carcasses de vaches et de cochons en les
enterrant entraîne non seulement la pollution de la nappe phréatique par
les bactéries de décomposition mais aussi par les bactéries pathogènes
éventuellement présentes chez ces animaux. En mai 2003, des carcasses de
cochons ont été trouvées sur les rives de la rivière Bécancour.
Si la consommation de viande n’est pas modifiée à la baisse, le nombre
d’animaux devra encore augmenter considérablement pour les 6,8 milliards
d’habitants du monde de demain : 360 millions en plus de bovins, 560
millions en plus de moutons et de chèvres, et 190 millions en plus de
cochons seront nécessaires, soit un accroissement de 24, 32 et 22 pour cent
respectivement. Cette augmentation spectaculaire des animaux d’élevage
aura des conséquences dramatiques pour l’environnement.
Une augmentation continue du commerce lié à l’élevage accroît les
risques de transmission de maladies et génère de sérieux problèmes
environnementaux. Un élevage excessif contribue non seulement à un
gaspillage de ressources non renouvelables, un gaspillage de surfaces
agricoles, de réserves d’eau et de céréales -utilisées pour nourrir le
bétail, mais il contribue à :
l’érosion et la pollution des sols et de la nappe phréatique par le lisier, les nitrates, les phosphates et les pesticides
la pluie acide, conséquence de l’évaporation des lisiers liquides
la pollution atmosphérique par le gaz méthane des ruminants et par l’oxyde d’azote
l’effet de serre et le réchauffement climatique
la destruction des forêts, de la faune marine et l’extermination d’espèces
la dévalorisation de la vie animale
la violence envers les animaux
la souffrance animale
On prévoit que la population du Canada augmentera de 15 à 30 % au cours
des 25 prochaines années. Du fait de la croissance correspondante des
pressions sur les ressources en eau, il faudra recourir à des pratiques
plus efficaces d'utilisation de celles-ci.
100 litres d’eau suffisent pour produire un 1 kg de céréales contre
2,000 à 15,000 pour obtenir 1 kg de viande (un bovin consomme environ 100
litres d’eau par jour). Ajoutons que pour produire 1 kg de viande il faut
en moyenne 10 kg de céréales, et l’on a vite fait de réaliser que l’élevage
des animaux de boucherie constitue un véritable gouffre à eau potable. On
estime que la moitié de la consommation d’eau douce due à l’activité
humaine est destinée à la production de viande et de produits laitiers, un
gaspillage que d’un point de vue écologique nous ne pouvons plus nous
permettre! La pollution des réserves d’eau due à la production de viande
provient principalement des déjections d’animaux d’élevages intensifs
qui sont soit évacuées directement dans les lacs et les nappes phréatiques
ou qui, déversées en masse comme fertilisants sur les champs, contaminent
les sources d’eau. Un bovin produit 23 tonnes de déjections par an, 10
porcs en produisent 21 tonnes. Les excréments d’animaux produisent d’énormes
quantités d’ammoniac responsables de la sur-fertilisation des lacs qui
causent à leur tour une invasion d’algues étouffant la vie aquatique.
Les déjections peuvent contenir des bactéries fécales toxiques qui
contaminent l’eau potable causant des maladies graves. Des études ont
montré que la moitié de la pollution des réserves d’eau est due aux élevages
massifs y compris les élevages de poissons. Pouvons-nous persister à
laisser les réserves d’eau risquer d’être contaminées alors que la pénurie
d’eau potable menace à l’échelle mondiale?
Une terre offre un rendement plus intéressant en céréales qu'en viande.
Considérant que sur une même terre, nous pouvons produire plus de légumes
et de céréales que de viande et que, pour l'alimentation du bétail, nous
détournons une grande partie de ressources végétales, il s’ensuit une
double perte. Une alimentation végétale contribue à rendre accessible la
nourriture à plus de gens. Un peu plus du tiers du rendement mondial en céréales
est destiné aux animaux chaque année, de même que le quart de la
production mondiale de poissons.
Le gouvernement pourrait considérablement changer les habitudes en
insistant sur les différentes alternatives permettant de réduire les
risques de maladies de cancer, ainsi que d'autres maladies graves et en
travaillant avec l'industrie agro-alimentaire pour promouvoir des aliments bénéfiques
pour la santé.
L’organisation mondiale de la santé, dans son récent rapport, «
L’alimentation et la prévention des maladies chroniques », souligne les
bénéfices des fruits et des légumes contre une multitude de problèmes de
santé.
Une alimentation végétarienne permet de se prémunir contre plusieurs
maladies liées à la consommation de la viande et est moins coûteuse à
plus d'un égard. La suppression de la viande de l'alimentation peut laisser
espérer une diminution de 15-25% du risque de maladies cardio-vasculaire et
un effet bénéfique similaire si le fromage est aussi exclu.
Les végétariens ont 50% moins de risques de nécessiter une
appendicectomie que les non végétariens. (Journal of Epidemioloy and
Cummunity Health)
Le végétarisme constitue une solution idéale parce qu’il allie la sécurité
alimentaire, les avantages environnementaux, le bien-être des animaux et de
meilleures conditions de vie pour les gens.
Le végétarisme présente une voie prometteuse et durable pour l’avenir,
c’est pourquoi nous lançons un appel à tous les décideurs afin qu’une
telle alimentation soit mise en perspective.
Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de leur santé, de leur
environnement et du sort réservé aux animaux. Au Québec et au Canada, la
tendance est au végétarisme ou à la réduction de la consommation de
viande et cette pratique n’est plus uniquement l’habitude d’une petite
proportion de consommateurs. Aujourd’hui, de plus en plus d’adolescents,
préoccupés par la souffrance des animaux, s’orientent vers le végétarisme.
Pour répondre à une demande toujours croissante de produits végétaux et
pour lesquels il existe de réels débouchés, de nouvelles cultures
biologiques devraient être exploitées, comme par exemple la culture du
lin, du chanvre, (deux sources d’Omega) du mil, des légumineuses, des
fruits, des légumes, etc. Au Canada, en 1998, la consommation de brocoli a
augmenté de 150 %. En 2000, le Canada a produit plus de 9000 tonnes de
lentilles, se hissant au 1er rang des pays producteurs devant l'Inde. La
production commerciale de pois chiche au Canada qui a débuté en 1995, avec
1 000 tonnes environ, a rapidement pris de l'ampleur les années suivantes
et en 2001, la production atteignait 465 000 tonnes.
La valeur accrue des légumineuses et leurs plus faibles coûts de
fertilisation en font une culture attrayante pour les agriculteurs. Plus de
100 pays importent les légumineuses du Canada. L’Asie du Sud, où une
grande partie de la population est végétarienne, consomme davantage de ces
légumineuses que toute autre région dans le monde.Mis à part un infime pourcentage de personnes qui n’ont d’autre choix
que de chasser pour survivre, il n’existe aujourd’hui aucune nécessité
de consommer de la chair animale, d’autant qu’il a été depuis
longtemps, scientifiquement prouvé que nous pouvons satisfaire tous nos
besoins essentiels et nutritionnels par une alimentation végétarienne équilibrée.
La seule vraie nécessité qui existe pour nous aujourd’hui est que nous
cessions de polluer notre environnement, que nous devenions solidaires avec
les pays pauvres, et que nous apprenions à respecter les animaux et la
nature.
Car dans toute cette chaîne, on écarte trop souvent le fait que l'animal
est d’abord un être vivant, doué lui aussi de la capacité de ressentir
une foule d’émotions comme la peur, le stress, l’inconfort, la
souffrance, etc., et conséquemment, on devrait se questionner à savoir si,
moralement, et considérant toutes nos connaissances actuelles, considérant
tout ce que nous savons du point de vue scientifique - biologique,
ethnologique, psychanalytique et linguistique, le seul modèle concevable du
cochon et de la vache peut encore demeurer celui de les réduire à une
fonction de matériau et de matériel d’usine de production, à une
fonction de « machine à viande », de surcroît méprisée de son vivant !
Est-il moral de considérer la souffrance des animaux sur un pied différent
de la nôtre du seul fait qu’ils appartiennent à une autre espèce?


Truie en stalle et veau en caisson (Farm Sanctuary)
Dans l’élevage intensif, les animaux sont traités brutalement et parfois
avec sadisme, comme le rapportait un article du journal de Montréal en
octobre 2002 relatant les tortures faites à des poulets par des employés
qui voulaient s’amuser. Mis à part ces cas, les conditions de détention
des animaux d’élevage sont extrêmement pitoyables et cruelles. Des
truies constamment obligées de produire et maintenues dans des cages dans
lesquelles elles ne peuvent même pas bouger. Tout ceci est inhumain;
indigne. Et le transport des animaux, qui se devrait en principe d’être
bien réglementé ne l’est pas et bien souvent les besoins les plus
fondamentaux des animaux, tels que l'abreuvement, la nourriture, le repos,
ne sont pas assurés. Un nombre considérable d’animaux arrivent à
destination, blessés, estropiés, stressés, en état de choc, ou morts. Le
débarquement des animaux vivants ou malades qui arrivent à destination, se
fait de façon sauvage et l’aiguillon électrique est couramment utilisé
et sans aucune raison. Avec preuves irréfutables à l’appui, les
associations internationales Animals' Angels et Protection Mondiale des
Animaux de Ferme (PMAF), ont montré au grand jour, l’an passé, les
innombrables, inacceptables et intolérables sévices dont sont victimes les
animaux dans les encans québécois : animaux malades, incapables de marcher
qui reçoivent de violents coups de pied, qui sont tirés par les oreilles;
porcelets battus, suspendus par les pattes, jetés violemment au sol… La
population du Québec se demande pourquoi le gouvernement permet cela.
D'autres situations déplorables dans lesquelles les animaux sont des
victimes impuissantes, comme ce fût le cas lors du verglas de 1998
–absence de génératrices, ainsi qu’à l’été 2002 lors de la période
de canicule qui a emporté des milliers d’animaux alors que dans ce cas un
peu d’eau, d’aération, ou d’air extérieur, aurait suffi à leur
sauver la vie. Près de 3% de la production porcine et plus de 200 000
poulets sont morts rien que dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches
dans la première semaine de juillet. Autant d’animaux perdus. Autant à
remplacer.
Au Québec, bon an mal an, ce sont près de 150 bâtiments de ferme qui sont
détruits par le feu. Plusieurs de ces bâtiments abritent des cochons, des
vaches, des poules qui périssent dans les flammes, prisonniers entre les
barreaux ou les grilles de leurs cages. Diverses causes sont à l’origine
de ces incendies mais il existe des moyens d’en réduire les conséquences
et qui consisteraient à équiper ces bâtiments de portes de secours, de détecteurs
d’incendie, de gicleurs. Ces mesures devraient être obligatoires.
La vie, la santé, l'environnement sont inter reliés. Il devient impérieux
de transiter vers une alimentation à la fois plus respectueuse de l'environnement,
plus éthique, plus saine et plus sécuritaire.
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