Le végétarisme pour notre santé

 

 

MÉMOIRE SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE - 11 juin 2004

 

 

Note: Ce document a été rédigé par C. Gagnon et A. D. Leiba,  de l'équipe actuelle d'Aequo Animo lors de leur implication au sein du Comité d'Actions pour les Animaux (Co-Actions) en juin 2004.

 

 

Nous remercions la Commission de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation de nous avoir permis de présenter notre point de vue sur le sujet des Nouveaux Enjeux de la Sécurité Alimentaire au Québec.

 



INSPECTION DES ALIMENTS - HYGIÈNE ET SALUBRITÉ


Au Québec, le nombre d’inspecteurs oeuvrant dans les secteurs de l’alimentation est insuffisant. À Montréal, pas plus d’une quarantaine d’inspecteurs est affectée à la vérification de la salubrité des aliments alors qu’il existe des milliers de restaurants, dépanneurs et autres commerces de détail en alimentation. L’inspection de ces commerces dans lesquels on retrouve parfois des produits traditionnels " alimentaires ou médicinaux " est insuffisante et nombre de ces commerces sont malpropres et n’inspirent pas confiance. Une multitude de produits vendus par ces établissements ne sont pas identifiés dans les deux langues officielles et l’on ne peut que se questionner sur leur contenu. En 2000, après une longue enquête, la World Society for the Protection of Animals découvrait que des produits à base de bile d’ours et même des vésicules biliaires entières provenant d’ours torturés dans leur pays d’origine ou braconnés au Québec et ailleurs au Canada pouvaient être achetés dans certains de ces commerces. On en a retrouvés à Montréal. Depuis cette enquête de la WSPA, le consommateur n’est toujours pas en mesure de savoir si des visites sont régulièrement effectuées par des inspecteurs dans ces établissements, ni si des inspections sanitaires y ont lieu régulièrement. En plus de cette découverte par une société protectrice des animaux de produits illicites vendus dans des commerces d’alimentation du Québec, deux sociétés européennes de protection des animaux, la PMAF (Protection Mondiale des Animaux de ferme) et Animals’Angels, rendaient publiques le l0 décembre 2002, des images révélant les nombreux sévices infligés aux animaux sur les encans du Québec, animaux malades, estropiés, torturés qui se retrouvent dans les assiettes des consommateurs. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur l’efficacité de nos inspecteurs ?

Il est également très inquiétant de savoir qu’au Québec, quiconque peut s’ouvrir un " buffet ", même s’il ne possède aucune compétence pour préparer des aliments ni aucune formation en hygiène et salubrité. Il est également très peu rassurant de savoir que des exploitants récidivistes peuvent continuer à servir des repas au public même après de nombreuses condamnations pour manquement aux règles d'hygiène.

Nous croyons donc, qu’au Québec, les règles actuelles s’appliquant à la manipulation et à la salubrité des aliments ne sont pas suffisamment strictes et que des dispositions réglementaires sévères devraient être obligatoires et appliquées à la lettre et ce dans tous les secteurs qui touchent à l’alimentation.



OGM



Au Québec, aucune étude sérieuse n’a été menée sur la toxicité des OGM et de leurs dérivés et la population consomme à son insu de nombreux produits transgéniques : canola, colza, soja, blé, maïs, plusieurs variétés de tomates, courges, pommes de terre, etc. En 2001 au Québec, le quart des terres était consacré aux cultures transgéniques. 10 % de la production transgénique mondiale se fait dans notre province. Une bonne partie des légumes et des céréales qui se retrouvent sur les tablettes de nos supermarchés proviennent de l’Ouest canadien et de l’Ontario où se déroulent la majorité des expériences sur les OGM pharmaceutiques. L’étiquetage des produits OGM et de leurs dérivés n’est pas obligatoire et se fait simplement sur une base volontaire. Même si les normes biologiques de référence au Québec interdisent l'usage délibéré ou l'introduction par négligence d'OGM dans les produits " bio ", ces organismes parviennent tout de même à contaminer le secteur biologique. De plus, en raison du risque lié à l’ingestion de pesticides concentrés dans le soja et le maïs transgénique, la sécurité alimentaire est mise en cause par les OGM, puisque l’essentiel des plantes fourragères est surtout consommé par les animaux d’élevage intensif. Plus de 60% des aliments transformés en vente libre contiennent déjà des OGM.


Les organismes génétiquement modifiés sont disséminés dans la chaîne alimentaire et dans l’environnement et sont présentés à la population comme étant des avantages, alors qu’on n’en connaît même pas encore les dangers potentiels. En l’absence de fondements scientifiques fiables qui pourraient permettre de conclure que les OGM sont inoffensifs, aucune nouvelle technologie ne devrait être présumée sécuritaire. Et nous ne voyons pas tellement en quoi, la généralisation de l’utilisation de la méthode Hazard Analysis Critical Control Point (HACCP) à l’ensemble de l’industrie alimentaire québécoise pourrait être bénéfique, puisqu’elle compte accepter les produits contenant des OGM.



CONTAMINANTS ET ADDITIFS



Nos aliments recèlent de nombreux contaminants dangereux pour la santé et nocifs pour l’environnement : des dioxines, reconnues pour être à l’origine de certains cancers se retrouvent dans les poissons, les viandes et les produits laitiers - des BPC dans les poissons peuvent se retrouver dans le sang ou dans le lait maternel - des pesticides, et insecticides autres que naturels, sont cancérigènes et empoisonnent aussi les nappes phréatiques - des hormones de croissance utilisées dans les élevages pour augmenter la production de lait et de viande sont toxiques, autant pour les animaux que pour les consommateurs (cancer de la prostate, du sein, puberté précoce chez les jeunes filles, etc.) - des nitrates, produits par les déjections animales se retrouvent dans l'eau et se concentrent dans les légumes qui deviennent alors toxiques - des antibiotiques, utilisés pour pallier aux mauvaises conditions de vie des animaux d’élevage intensif sont en parties responsables de la résistance aux antibiotiques chez l’être humain, - nos terres agricoles sont également contaminées par des métaux lourds toxiques (mercure, plomb, cadmium).


De nombreux additifs alimentaires se retrouvent dans la majorité des aliments que nous consommons: agents de conservation, de coloration, édulcorants, émulsifiants, antioxydants, arômes artificiels, etc. Si certains de ces additifs sont inoffensifs, d’autres peuvent présenter des risques. En 2002, une étude suédoise a révélé, la présence d’acrylamide ( substance cancérigène utilisée pour traiter l’eau potable ) à des niveaux élevés, dans les aliments contenant des féculents cuits à haute température, - " chips ", frites, pain, etc. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a demandé des études complémentaires afin de statuer si sa consommation était préjudiciable, mais Santé Canada a simplement recommandé aux consommateurs de ne plus manger d’aliments contenant de l’acrylamide.


Les nitrites de sodium et de potassium sont des agents conservateurs utilisés pour stabiliser et colorer les charcuteries. Transformés en nitrosamines, ils seraient à l’origine de tumeurs cancéreuses. Les phosphates alimentaires utilisés eux aussi comme agents conservateurs dans certains fromages fondus peuvent, à fortes doses, freiner l’assimilation de certains sels minéraux comme le calcium et le magnésium. Plus un produit est transformé par l’industrie alimentaire, plus il est probable d’y retrouver des additifs alimentaires en quantités variables et, si les doses d’additifs sont minimes dans un produit en particulier, il va de soi qu’elles peuvent être multipliées selon la quantité de produits consommés.


Le sel et le sucre, bien qu’ils ne soient pas considérés comme des additifs, sont des ingrédients sur-utilisés dans nos produits alimentaires. Le sucre, apporte à l’organisme des calories vides et une surconsommation de sel peut causer l’hypertension artérielle et peut provoquer des accidents vasculaires cérébraux. Un chercheur français, le Docteur Pierre Meneton, de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), rend l’excès de sel responsable de 25 000 décès chaque année. Il y aurait selon lui, trop de sel, particulièrement dans les charcuteries, les plats préparés et aliments surgelés. Suite aux recherches du Dr Meneton, le gouvernement français a lancé en 2002, un programme destiné à réduire d’au moins 20 % sur 5 ans la consommation de sel en France.

 

ÉTIQUETAGE



Les étiquettes des produits alimentaires comportent une foule d’informations mais elles sont souvent incomplètes et mal interprétées par les consommateurs. De plus, certaines mentions valorisantes sont souvent utilisées de manière abusive : par exemple, "naturel", "pur", "frais", "l00% pur" sur des étiquettes de jus de fruits ou confitures contenant des additifs naturels ou artificiels. Des appellations telles que " Pur Porc " ou " Pur Bœuf " sur des emballages de pâtés, saucisses ou autres sont également trompeuses, étant donné que tous les produits utilisant de la viande contiennent des additifs.


Les lieux d'origine ou de provenance de tous les produits devraient être indiqués sur les étiquettes, ce qui n’est pas le cas actuellement et plus particulièrement en ce qui concerne la chair animale dite " fraîche ". Rien n’indique par exemple que de la viande chevaline vendue dans un supermarché du Québec pourrait provenir de chevaux des États-Unis qui auraient été exportés et abattus au Québec. 

 

Regard terrifié d'un cheval avant sa mise à mort

 

Le consommateur devrait aussi être en mesure de connaître de quelle façon les animaux ont été élevés, nourris et abattus (méthodes traditionnelles ou sans étourdissement, -Casher ou Hallal ). À l’heure actuelle, sauf rares exceptions, rien ne permet au consommateur de discerner un produit dont les conditions de production sont particulières en termes de bien-être animal et de protection de l’environnement.


La majorité de tous les poissons " frais ", vendus au Québec proviennent de fermes d’élevage et l’étiquetage est pour ainsi dire inexistant. Le consommateur devrait être en mesure de connaître leur provenance et de quelle façon ces poissons ont été engraissés (farines de poissons, sang, etc.).


En plus de la provenance, les étiquettes devraient préciser quelles parties (sang, poils, plumes, cornes, os, gras, abats…) de quels animaux ont été employées pour fabriquer des " sous-produits " d’origine animale, fréquemment utilisées comme bases dans la fabrication de divers produits comme les " hot-dogs ", autres saucisses, charcuteries ..., ainsi que les aliments préparés pour nos animaux de compagnie.


La gélatine, produite à partir de restes d’abattoirs ( os, peaux ) étant largement utilisée dans les produits que nous fabriquons ici même ou que nous importons, les étiquettes pour les sauces à base de viande, bouillons, -liquide, en poudre ou en cube, devraient préciser l’origine des pays où la gélatine et les bouillons sont fabriqués. Le manque d’informations sur la composition des aliments utilisant de la gélatine animale devrait inciter à la plus grande prudence car les risques à en consommer ne sont pas négligeables.


Des obligations d’information au consommateur devraient être imposées non seulement à la vente à l’étalage, mais également à la restauration collective hors domicile. Tous les restaurants, " fast-foods " et collectivités ( hôpitaux, établissements pour personnes atteintes d’incapacités ou pour personnes âgées, cantines scolaires, garderies, etc.) servant de la chair ou des préparations à base de chair animale, devraient afficher l’origine des viandes offertes ainsi que leur composition.


L’étiquetage actuel entraîne une certaine confusion, voire un faux sentiment de sécurité. Les consommateurs devraient être mieux informés pour pouvoir faire un choix éclairé.


Considérant le rôle important que joue la sécurité des aliments dans la protection de la santé humaine et animale, la Commission (CAPA) est d'avis que l'amélioration de la sécurité alimentaire au Québec requiert des efforts de la part de chacun des acteurs de la chaîne. Il nous apparaît que cela inclut évidemment de considérer qu'à la base, on influe sur la sécurité en nourrissant les animaux de façon inappropriée, en leur injectant des hormones, des antibiotiques, des enzymes, et il nous apparaît qu'une attention particulière devrait prioritairement être accordée aux risques intrinsèques susceptibles de nuire à la santé humaine, ainsi qu’aux autres aspects qui relèvent aussi de la sécurité alimentaire et qui devraient aussi être considérés dans une consultation ayant pour enjeu la sécurité alimentaire. A l'origine de pathologies non transmissibles comme le cancer et les maladies cardiovasculaires se retrouve l'interaction de facteurs génétiques et environnementaux parmi lesquels l'alimentation tient une très large place.


Le MAPAQ (Agriculture, Pêcheries et Alimentation Québec) avise les consommateurs de l’existence de risques pour la santé et à cet effet émet à leur intention des mises en garde sur la conservation et la manipulation des aliments. La grande majorité des bactéries préfèrent les milieux dans lesquels elles retrouvent ce qui est nécessaire à leur croissance et c'est pourquoi les aliments les plus souvent incriminés dans les infections sont les produits à base de viande, de poisson, d'oeufs ou de lait.


La bactérie E. coli 0157:H7, la campylobactériose, la listériose, la salmonellose, la toxoplasmose, la brucellose peuvent toutes causer la mort ou peuvent entraîner de graves complications et des séquelles permanentes : syndrome de Guillain-Barré, méningite, encéphalite, septicémie, pneumonie, dommages à la paroi des intestins ou dommages permanents aux reins, convulsions, accidents cérébrovasculaires. La principale cause de l'insuffisance rénale chez les enfants canadiens et américains est le syndrome urémique hémolytique causé par l'E.coli 0127:H7


Les recommandations données au consommateur sont de bien faire cuire la viande ; cependant la cuisson en friture à haute intensité ou sur le grill sont elles-mêmes dommageables à la santé. La cuisson prolongée au grill, si elle élimine certaines bactéries de la viande, a en contrepartie pour effet d'en augmenter la toxicité au niveau des substances cancérigènes, tel le benzopyrène qui s'imprègne dans la viande. Le benzopyrène contenu dans 1 kg de viande grillée sur charbon de bois est considéré équivalent à la fumée de 600 cigarettes. Un composé chimique alimentaire connu pour causer le cancer chez les rats a été découvert dans le lait maternel lors d'une étude. L'agent en question est une amine aromatique hétérocyclique appelée la PhIP. Elle se forme par pyrolyse (décomposition chimique par la chaleur seule) au cours de la cuisson des viandes, quand celles-ci sont grillées ou frites. Plus la température de cuisson est élevée et plus l'émission de PhIP augmente.


D’autres menaces telles l’ESB, la tremblante du mouton, la fièvre aphteuse, le SRAS, la grippe aviaire accroissent les risques reliés à l’alimentation, particulièrement à la viande. Il existe une autre forme de maladie très préoccupante au Canada et aux États-Unis, la maladie débilitante chronique des cervidés ou maladie du "cerf fou" (l'équivalent de l'encéphalite spongiforme bovine (ESB). En 1996, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a diagnostiqué des cas de cette maladie dans 40 fermes d’élevage de cerfs en Saskatchewan, et 2 en Alberta. Plus de 60 000 wapitis d'élevage de l'Ouest ont été abattus. La maladie du "cerf fou" n'est plus seulement concentrée dans les troupeaux d'élevage, mais elle est maintenant présente dans des troupeaux de cervidés sauvages, au Canada et aux États-Unis.

Aux États-Unis, depuis que 3 chasseurs sont morts de la Creutzfeldt-Jacob après avoir consommé de la viande de cerfs atteints de cette maladie (source:New Scientist), les autorités sanitaires américaines ont fait abattre plus de 40 000 cervidés sauvages de Virginie, soit près du quart de la population. L'une des causes principales de l'apparition de cette maladie a été identifiée comme étant les aliments distribués aux animaux d'élevage contenant des farines de viandes. L'appâtage des cerfs sauvages par des chasseurs avec des moulées contenant des farines animales est aussi en cause. 

De plus, comme les cervidés d'élevage peuvent transmettre la maladie à des cervidés sauvages et vice-versa, par simples contacts du museau par-dessus les barrières des enclos, et que les encéphalites spongiformes sont susceptibles d'affecter n'importe quel mammifère, comme par exemple les rats, une éradication de cette maladie est incertaine et laisse planer de bien sombres doutes sur l'avenir. http://www.cwd-info.org


La consommation de viande et sous-produits animaux est une cause importante de plusieurs problèmes de santé et nombre de décès résultent de maladies d’origine alimentaire directement reliées à la viande. La Fondation des maladies du cœur affirme que l’obésité présente maintenant l’une des pires menaces à la santé publique de l’histoire du Canada. L’obésité augmente de 50% les risques d’accident vasculaire cérébral. L’excès de poids est constaté chez des sujets de plus en plus jeunes de sorte que les spécialistes s’attendent à traiter davantage d’infarctus et d’ACV chez des patients dans la vingtaine. Une obésité importante diminue l'espérance de vie et représente un risque accru de développer un diabète, une hypertension, des problèmes articulaires, des calculs biliaires. Les spécialistes demandent que les gouvernements et commissions scolaires agissent davantage en matière d’éducation alimentaire. Paradoxalement, pendant qu’on déplore une croissance de l’obésité parmi la population, les hôpitaux du Québec abritent désormais en leurs lieux des chaînes de type fast-foods, hamburgers-frites.


Les études statistiques révèlent que les Asiatiques sont moins touchées par le cancer du sein que les Occidentales. Cependant nous observons une hausse du cancer du sein chez les Asiatiques résidant en Amérique. Une telle augmentation est conséquente à leur mode de vie américanisé et aux changements dans leur alimentation. Le Canada a un taux de cancer du sein parmi les plus élevés au monde. Une étude suggère que le gras joue un rôle d'importance dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Selon des chercheurs qui étudient l'effet du cholestérol sur le cerveau des personnes souffrant de cette maladie, une ingestion moins grande de gras serait la clef de la prévention de l'apparition de la dégénérescence de la mémoire. (Presse Canadienne 16.02.2004)


Outre l'âge et les facteurs d'ordre génétique, ce sont surtout les habitudes alimentaires qui jouent un rôle déterminant dans l'apparition du cancer colorectal. Le cancer colorectal est un des trois premiers cancers dans la plupart des pays occidentaux.

 


Les charcuteries, les matières grasses animales d'assaisonnement (beurre, crème, saindoux), les viandes grasses comme le mouton, les abats (foie, cervelle) et les œufs sont associés à un risque élevé de cancer colorectal. Un effet néfaste de la viande rouge a été essentiellement constaté dans les pays d'Amérique du nord -et d'Australie, où la concentration en graisses de la viande type hamburger est élevée.
La consommation de viande de bœuf, d'agneau, de porc et de graisses animales est associée à un risque élevé de cancer du côlon.

 

CONCLUSIONS: 



Quelques statistiques :

 

 

 

 

 

 


L'effet protecteur des légumes est un des résultats les plus constants des études à visée étiologique. Une revue des 37 études épidémiologiques et une méta analyse de 16 des 23 études de cas témoin publiées jusqu'en 1990 a montré qu'une majorité d'études étaient en faveur d'un effet protecteur des légumes sur le risque de cancer colorectal. (Trock B, Lanza E, Greenwald P (1990). Dietary fiber, vegetables, and colon cancer, critical review and meta-analyses of the epidemiologic evidence. J Natl Cancer Inst 82: 650-661)


L'élevage industriel cause des dommages considérables à l´environnement et les conséquences de ces dommages se répercutent sur la santé du consommateur. Se débarrasser des carcasses de vaches et de cochons en les enterrant entraîne non seulement la pollution de la nappe phréatique par les bactéries de décomposition mais aussi par les bactéries pathogènes éventuellement présentes chez ces animaux. En mai 2003, des carcasses de cochons ont été trouvées sur les rives de la rivière Bécancour.


Si la consommation de viande n’est pas modifiée à la baisse, le nombre d’animaux devra encore augmenter considérablement pour les 6,8 milliards d’habitants du monde de demain : 360 millions en plus de bovins, 560 millions en plus de moutons et de chèvres, et 190 millions en plus de cochons seront nécessaires, soit un accroissement de 24, 32 et 22 pour cent respectivement. Cette augmentation spectaculaire des animaux d’élevage aura des conséquences dramatiques pour l’environnement.


Une augmentation continue du commerce lié à l’élevage accroît les risques de transmission de maladies et génère de sérieux problèmes environnementaux. Un élevage excessif contribue non seulement à un gaspillage de ressources non renouvelables, un gaspillage de surfaces agricoles, de réserves d’eau et de céréales -utilisées pour nourrir le bétail, mais il contribue à :


On prévoit que la population du Canada augmentera de 15 à 30 % au cours des 25 prochaines années. Du fait de la croissance correspondante des pressions sur les ressources en eau, il faudra recourir à des pratiques plus efficaces d'utilisation de celles-ci.


100 litres d’eau suffisent pour produire un 1 kg de céréales contre 2,000 à 15,000 pour obtenir 1 kg de viande (un bovin consomme environ 100 litres d’eau par jour). Ajoutons que pour produire 1 kg de viande il faut en moyenne 10 kg de céréales, et l’on a vite fait de réaliser que l’élevage des animaux de boucherie constitue un véritable gouffre à eau potable. On estime que la moitié de la consommation d’eau douce due à l’activité humaine est destinée à la production de viande et de produits laitiers, un gaspillage que d’un point de vue écologique nous ne pouvons plus nous permettre! La pollution des réserves d’eau due à la production de viande provient principalement des déjections d’animaux d’élevages intensifs qui sont soit évacuées directement dans les lacs et les nappes phréatiques ou qui, déversées en masse comme fertilisants sur les champs, contaminent les sources d’eau. Un bovin produit 23 tonnes de déjections par an, 10 porcs en produisent 21 tonnes. Les excréments d’animaux produisent d’énormes quantités d’ammoniac responsables de la sur-fertilisation des lacs qui causent à leur tour une invasion d’algues étouffant la vie aquatique. Les déjections peuvent contenir des bactéries fécales toxiques qui contaminent l’eau potable causant des maladies graves. Des études ont montré que la moitié de la pollution des réserves d’eau est due aux élevages massifs y compris les élevages de poissons. Pouvons-nous persister à laisser les réserves d’eau risquer d’être contaminées alors que la pénurie d’eau potable menace à l’échelle mondiale?


Une terre offre un rendement plus intéressant en céréales qu'en viande. Considérant que sur une même terre, nous pouvons produire plus de légumes et de céréales que de viande et que, pour l'alimentation du bétail, nous détournons une grande partie de ressources végétales, il s’ensuit une double perte. Une alimentation végétale contribue à rendre accessible la nourriture à plus de gens. Un peu plus du tiers du rendement mondial en céréales est destiné aux animaux chaque année, de même que le quart de la production mondiale de poissons. Le gouvernement pourrait considérablement changer les habitudes en insistant sur les différentes alternatives permettant de réduire les risques de maladies de cancer, ainsi que d'autres maladies graves et en travaillant avec l'industrie agro-alimentaire pour promouvoir des aliments bénéfiques pour la santé.

L’organisation mondiale de la santé, dans son récent rapport, « L’alimentation et la prévention des maladies chroniques », souligne les bénéfices des fruits et des légumes contre une multitude de problèmes de santé.

Une alimentation végétarienne permet de se prémunir contre plusieurs maladies liées à la consommation de la viande et est moins coûteuse à plus d'un égard. La suppression de la viande de l'alimentation peut laisser espérer une diminution de 15-25% du risque de maladies cardio-vasculaire et un effet bénéfique similaire si le fromage est aussi exclu.


Les végétariens ont 50% moins de risques de nécessiter une appendicectomie que les non végétariens. (Journal of Epidemioloy and Cummunity Health)


Le végétarisme constitue une solution idéale parce qu’il allie la sécurité alimentaire, les avantages environnementaux, le bien-être des animaux et de meilleures conditions de vie pour les gens. Le végétarisme présente une voie prometteuse et durable pour l’avenir, c’est pourquoi nous lançons un appel à tous les décideurs afin qu’une telle alimentation soit mise en perspective.


Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de leur santé, de leur environnement et du sort réservé aux animaux. Au Québec et au Canada, la tendance est au végétarisme ou à la réduction de la consommation de viande et cette pratique n’est plus uniquement l’habitude d’une petite proportion de consommateurs. Aujourd’hui, de plus en plus d’adolescents, préoccupés par la souffrance des animaux, s’orientent vers le végétarisme.
Pour répondre à une demande toujours croissante de produits végétaux et pour lesquels il existe de réels débouchés, de nouvelles cultures biologiques devraient être exploitées, comme par exemple la culture du lin, du chanvre, (deux sources d’Omega) du mil, des légumineuses, des fruits, des légumes, etc. Au Canada, en 1998, la consommation de brocoli a augmenté de 150 %. En 2000, le Canada a produit plus de 9000 tonnes de lentilles, se hissant au 1er rang des pays producteurs devant l'Inde. La production commerciale de pois chiche au Canada qui a débuté en 1995, avec 1 000 tonnes environ, a rapidement pris de l'ampleur les années suivantes et en 2001, la production atteignait 465 000 tonnes.


La valeur accrue des légumineuses et leurs plus faibles coûts de fertilisation en font une culture attrayante pour les agriculteurs. Plus de 100 pays importent les légumineuses du Canada. L’Asie du Sud, où une grande partie de la population est végétarienne, consomme davantage de ces légumineuses que toute autre région dans le monde.Mis à part un infime pourcentage de personnes qui n’ont d’autre choix que de chasser pour survivre, il n’existe aujourd’hui aucune nécessité de consommer de la chair animale, d’autant qu’il a été depuis longtemps, scientifiquement prouvé que nous pouvons satisfaire tous nos besoins essentiels et nutritionnels par une alimentation végétarienne équilibrée. La seule vraie nécessité qui existe pour nous aujourd’hui est que nous cessions de polluer notre environnement, que nous devenions solidaires avec les pays pauvres, et que nous apprenions à respecter les animaux et la nature.


Car dans toute cette chaîne, on écarte trop souvent le fait que l'animal est d’abord un être vivant, doué lui aussi de la capacité de ressentir une foule d’émotions comme la peur, le stress, l’inconfort, la souffrance, etc., et conséquemment, on devrait se questionner à savoir si, moralement, et considérant toutes nos connaissances actuelles, considérant tout ce que nous savons du point de vue scientifique - biologique, ethnologique, psychanalytique et linguistique, le seul modèle concevable du cochon et de la vache peut encore demeurer celui de les réduire à une fonction de matériau et de matériel d’usine de production, à une fonction de « machine à viande », de surcroît méprisée de son vivant ! Est-il moral de considérer la souffrance des animaux sur un pied différent de la nôtre du seul fait qu’ils appartiennent à une autre espèce?

 


Truie en stalle et veau en caisson (Farm Sanctuary)

 


Dans l’élevage intensif, les animaux sont traités brutalement et parfois avec sadisme, comme le rapportait un article du journal de Montréal en octobre 2002 relatant les tortures faites à des poulets par des employés qui voulaient s’amuser. Mis à part ces cas, les conditions de détention des animaux d’élevage sont extrêmement pitoyables et cruelles. Des truies constamment obligées de produire et maintenues dans des cages dans lesquelles elles ne peuvent même pas bouger. Tout ceci est inhumain; indigne. Et le transport des animaux, qui se devrait en principe d’être bien réglementé ne l’est pas et bien souvent les besoins les plus fondamentaux des animaux, tels que l'abreuvement, la nourriture, le repos, ne sont pas assurés. Un nombre considérable d’animaux arrivent à destination, blessés, estropiés, stressés, en état de choc, ou morts. Le débarquement des animaux vivants ou malades qui arrivent à destination, se fait de façon sauvage et l’aiguillon électrique est couramment utilisé et sans aucune raison. Avec preuves irréfutables à l’appui, les associations internationales Animals' Angels et Protection Mondiale des Animaux de Ferme (PMAF), ont montré au grand jour, l’an passé, les innombrables, inacceptables et intolérables sévices dont sont victimes les animaux dans les encans québécois : animaux malades, incapables de marcher qui reçoivent de violents coups de pied, qui sont tirés par les oreilles; porcelets battus, suspendus par les pattes, jetés violemment au sol… La population du Québec se demande pourquoi le gouvernement permet cela.

D'autres situations déplorables dans lesquelles les animaux sont des victimes impuissantes, comme ce fût le cas lors du verglas de 1998 –absence de génératrices, ainsi qu’à l’été 2002 lors de la période de canicule qui a emporté des milliers d’animaux alors que dans ce cas un peu d’eau, d’aération, ou d’air extérieur, aurait suffi à leur sauver la vie. Près de 3% de la production porcine et plus de 200 000 poulets sont morts rien que dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches dans la première semaine de juillet. Autant d’animaux perdus. Autant à remplacer.

Au Québec, bon an mal an, ce sont près de 150 bâtiments de ferme qui sont détruits par le feu. Plusieurs de ces bâtiments abritent des cochons, des vaches, des poules qui périssent dans les flammes, prisonniers entre les barreaux ou les grilles de leurs cages. Diverses causes sont à l’origine de ces incendies mais il existe des moyens d’en réduire les conséquences et qui consisteraient à équiper ces bâtiments de portes de secours, de détecteurs d’incendie, de gicleurs. Ces mesures devraient être obligatoires.

La vie, la santé, l'environnement sont inter reliés. Il devient impérieux de transiter vers une alimentation à la fois plus respectueuse de l'environnement, plus éthique, plus saine et plus sécuritaire.

 

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